- Accueil
- Lutte ouvrière n°3010
- Irak : les conséquences du conflit
Dans le monde
Irak : les conséquences du conflit
Le 4 avril, des dizaines de milliers de manifestants contre Israël et les États-Unis ont défilé à Bagdad et dans plusieurs régions d’Irak à l’appel de Moqtada Al-Sadr, un dirigeant chiite qui a gardé une influence héritée de la lutte contre l’occupation américaine après 2003.
Les bombardements israéliens et américains sur l’Irak ont déjà provoqué la mort de dizaines d’Irakiens. Des milices chiites irakiennes, dont le Kataeb Hezbollah lié à l’Iran, ont riposté en attaquant les intérêts américains et étrangers, hôtels, champs pétroliers, raffineries et zones résidentielles, et enlevé des journalistes étrangers. Dans la nuit du 4 au 5 avril, elles ont attaqué des installations diplomatiques américaines basées en Irak. Il y aurait eu, d’après l’ambassade des États-Unis à Bagdad, « une tentative d’assassinat de diplomates américains ».
Les agissements de ces milices posent problème au Premier ministre, Mohammed Chia Al-Soudani, pris entre deux feux. Les États-Unis, dont les autorités irakiennes dépendent financièrement, font pression sur lui pour qu’il assure la protection des bases américaines et de leurs représentations diplomatiques en Irak, et qu’il tienne la bride de ces groupes armés. Mais ceux-ci prospèrent depuis la guerre déclenchée par les États-Unis en 2003 et la chute de Saddam Hussein. Certains ont été intégrés dans les forces armées gouvernementales au cours de la lutte contre l’organisation État islamique, mais les autorités irakiennes ne les contrôlent pas plus que les autres. Par ailleurs, l’Irak, deuxième exportateur de pétrole après l’Arabie saoudite, subit les conséquences de la guerre menée par les États-Unis et Israël, en particulier des restrictions de navigation dans le détroit d’Ormuz. Cette situation pousse certains partis chiites influents au sein de l’État à prôner la neutralité, ce que bon nombre de groupes armés pro-iraniens refusent. La guerre contre l’Iran accroît ainsi encore l’instabilité de l’Irak.
À la guerre de 1980-1988 avec l’Iran a succédé la guerre du Golfe de 1991, puis celle menée en 2003 par les États-Unis, suivie de neuf années d’occupation. Pour la population irakienne, comme pour bien d’autres au Moyen-Orient, les interventions de l’impérialisme américain sont synonymes de guerre permanente.