Iran : la population sous les bombes et les restrictions 02/09/2026 2026 Journal /medias/journalnumero/images/2026/09/une_3031-c.jpg.445x577_q85_box-0%2C5%2C1265%2C1645_crop_detail.jpg 2026-09-02

Dans le monde

Iran : la population sous les bombes et les restrictions

Depuis la nuit du 30 août, les États-Unis ont repris leurs bombardements sur l’Iran. Malgré les accords signés le 17 juin et les discours de Trump qui dit vouloir sortir de l’impasse, la guerre n’a pas vraiment cessé.

Les États-Unis, qui ont échoué à faire plier militairement le régime iranien, ne veulent pas pour autant céder à ses exigences en lui laissant contrôler le trafic dans le détroit d’Ormuz. Mi-août, Trump a annoncé le lancement de sanctions contre l’Iran. Comme les relations bancaires et commerciales avec les États-Unis sont déjà rompues depuis plusieurs années, il s’en est pris aux partenaires commerciaux du pays. Cela vise notamment la banque Melli, qui a quelques agences en Europe, mais aussi les pays qui commercent avec l’Iran, comme les Émirats arabes unis, qui ont annoncé obtempérer le 18 août. La Chine est aussi visée mais, Trump n’ayant pas les moyens de lui tordre le bras, le gouvernement chinois a dénoncé ces « sanctions illégales ».

Une fois de plus, la population iranienne paie le prix fort de ces tentatives d’asphyxie économique, en particulier sa fraction la plus pauvre, à la fois par les pénuries et l’envolée des prix. On a ainsi pu voir cet été des files d’attente interminables aux stations-service pour obtenir du carburant rationné (un comble dans un pays pétrolier !), tandis que les détenteurs de voitures de luxe pouvaient s’approvisionner facilement à des prix inaccessibles au monde du travail. Les prix des produits alimentaires battent des records. L’huile a ainsi augmenté de plus de 300 % en un an, et la monnaie iranienne, le toman, s’échange désormais à 200 000 pour un dollar.

La population subit aussi la répression du régime. Celui-ci a réussi à souder derrière lui une partie de ceux qui avaient manifesté en janvier mais qui, depuis, subissent les bombardements et les destructions infligés par les États-Unis et Israël. Alors que bien des femmes circulaient sans voile dans les rues depuis la révolte « femme-vie-liberté » de 2022, des femmes non voilées ont été de nouveau agressées ou arrêtées dans certaines villes ou quartiers de Téhéran.

La contestation n’a pas disparu pour autant. Les rassemblements contre les exécutions de manifestants se sont renouvelés comme à Sanandaj mi-août. Une grève de la faim des prisonniers a conduit les dirigeants à promettre une suspension temporaire des exécutions cet été. Des grèves ont éclaté dans des hôpitaux pour les salaires, les conditions de travail et les effectifs, à Téhéran et à Nichapour par exemple. D’autres grèves ont lieu contre les retards de salaire et les licenciements, en particulier dans la sous-traitance pétrolière à Ahvaz. À Mahchahr dans le Khouzestan, les ouvriers de la TJPC (Takhte Jamshid Petrochemical Complex) ont manifesté avec leurs familles contre les licenciements alors qu’ils avaient déjà mené des grèves en décembre 2025 et en juillet 2026.

Des travailleurs conscients affirment ainsi leurs revendications, affrontent la répression tout en dénonçant les frappes impérialistes qui prétendaient les libérer.

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