Iran : la rage de l’impérialisme08/04/20262026Journal/medias/journalnumero/images/2026/04/une_3010-c.jpg.445x577_q85_box-0%2C7%2C1262%2C1644_crop_detail.jpg

Dans le monde

Iran : la rage de l’impérialisme

Au matin du 8 avril, le monde a appris qu’un cessez-le-feu était conclu pour deux semaines entre les États-Unis et l’Iran, comportant la fin des bombardements en échange du déblocage du trafic dans le détroit d’Ormuz. Trump avait changé de ton, parlant d’un bon accord et le présentant comme une victoire. Ce qui sera loin de convaincre.

Alors que l’Iran continuait de lui tenir tête, Trump avait multiplié les sorties outrancières agrémentées de la vulgarité qui caractérise le personnage. « Ouvrez ce putain de détroit, bande de tarés », avait-il proféré le 6 avril.

Trump a multiplié les menaces, promettant de « ramener l’Iran à l’âge de pierre », de le détruire « en une seule nuit », de rendre « définitivement inutilisables » toutes les centrales électriques du pays, ainsi que de démolir « chaque pont en Iran ». Ces déclarations donnaient surtout l’image d’un dirigeant qui s’excite et gesticule d’autant plus qu’il est incapable de parvenir à l’objectif qu’il s’était vanté d’atteindre.

Après plus d’un mois de bombardements, le pouvoir iranien ne s’est pas effondré. Alors qu’il était vomi par toute une partie de sa propre population après la répression terrible des manifestations du début d’année, il semble avoir retrouvé un certain soutien auprès d’une partie des Iraniens, hostiles à l’intervention américaine. Et face au blocage du détroit d’Ormuz et à ses conséquences catastrophiques sur toute une partie de l’économie mondiale, Trump est apparu totalement impuissant.

Même la supériorité américaine n’apparaît plus aussi écrasante depuis que, vendredi 30 avril, un avion de chasse F-15 a été abattu dans le ciel iranien. À cet affront à la puissante technologie militaire américaine s’est ajoutée la peur pour le gouvernement américain de voir un des deux pilotes de cet avion capturé. Si le régime iranien avait pu exhiber ce prisonnier aux yeux de la planète entière, cela aurait représenté une humiliation supplémentaire pour les États-Unis. C’est pourquoi l’armée américaine a déployé des moyens gigantesques pour récupérer ce pilote sur le territoire iranien.

Des négociations ont en fait eu lieu pendant que Trump s’agitait, le Pakistan servant d’intermédiaire. Rien ne dit que le cessez-le-feu débouche sur une cessation durable de la guerre. Les dirigeants israéliens, pour leur part, ont annoncé qu’ils continueraient leur offensive au Liban. Les états-majors négocient en faisant parler les armes au maximum, avec la peau des populations. Selon une organisation humanitaire basée aux États-Unis au moins 3 500 personnes auraient été tuées en Iran depuis le début de la guerre, dont 1 600 civils, et 244 enfants.

Trump, à la tête de la première puissance mondiale, voulait faire une démonstration de force. Pour le moment, il a surtout démontré qu’il ne suffit pas de déverser des tonnes de bombes sur un peuple pour imposer sa loi. Et c’est déjà un revers.

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