Israël : la bombe nucléaire qui plaît aux USA25/03/20262026Journal/medias/journalnumero/images/2026/03/une_3008-c.jpg.445x577_q85_box-0%2C7%2C1265%2C1644_crop_detail.jpg

Dans le monde

Israël : la bombe nucléaire qui plaît aux USA

Deux missiles iraniens ont frappé le site nucléaire israélien près de la ville de Dimona. Seules des habitations ont, semble-t-il, été touchées. Il a été rappelé à cette occasion qu’Israël possède depuis longtemps l’arme nucléaire.

Dans les années 1950, la France a construit dans cette région du sud du pays, dans le désert du Néguev, un réacteur nucléaire et une usine de traitement de plutonium. L’ennemi potentiel n’était pas alors l’Iran, dirigé par un allié inconditionnel de l’impérialisme, le shah, mais l’Égypte du président Gamal Abdel Nasser, qui soutenait le FLN algérien et tous les mouvements anticolonialistes. Quand la France se retira de l’opération, les ingénieurs israéliens étaient mûrs pour prendre le relais.

Israël a toujours caché disposer de l’arme nucléaire, et les États-Unis, si prompts à prendre prétexte de la lutte contre sa dissémination en Iran ou en Corée, se sont bien gardés d’en faire la publicité. L’État hébreu n’a pas signé le traité de non- prolifération des armes nucléaires et n’est donc pas soumis à l’obligation de faire inspecter ses installations par l’Agence internationale de l’énergie atomique, tandis que les inspecteurs de l’agence multipliaient les visites sur les sites iraniens.

Cette omerta n’a pourtant pas empêché des informations de filtrer. Un ancien technicien de la centrale a pris clandestinement des photos qu’il a transmises au journal anglais Sunday Times en 1986. Enlevé à Londres par le Mossad, il a payé ses révélations de dix-huit ans de prison, dont onze en isolement total. En 2021, des images satellite ont permis de détecter des travaux d’extension du site. Les experts militaires de tous les pays estiment aujourd’hui qu’Israël dispose d’une centaine d’ogives nucléaires, voire plus.

Empêcher l’Iran d’acquérir l’arme nucléaire a servi de prétexte à l’impérialisme américain pour faire plier un pays qui ne se soumettait pas à sa volonté. L’État d’Israël, en revanche, se voit autorisé à posséder toutes les armes de destruction massives qu’il veut. Il a pourtant montré qu’il n’avait aucune retenue dans l’usage de la force contre les peuples de la région. Être le bras armé des États-Unis lui en donne le droit, sans qu’il ait à craindre la moindre sanction.

Partager