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Italie : Meloni, un bon bilan… pour le patronat
Vendredi 4 septembre, Giorgia Meloni a mis en scène l’autocélébration de son gouvernement devant un parterre de militants réunis à Bari, dans le sud de l’Italie. Meloni a mis l’accent sur la longévité exceptionnelle de son gouvernement : 1 413 jours, un record depuis l’instauration de la République italienne, en 1946.
Elle n’avait pas grand-chose à prouver aux 4 000 à 5 000 partisans venus de tout le pays à cette grande « fête de l’Italie plus forte ». Entre banderoles proclamant « Giorgia notre Madone » et autres « Les communistes et les migrants sont la gangrène de l’Italie », elle était en terrain conquis.
Son discours visait à lancer la campagne de son parti, Frères d’Italie, en vue des élections législatives de 2027. « Gouvernement plus stable, Italie plus forte », pouvait-on lire sur les affiches du meeting, tandis que le livret de 26 pages distribué à ses supporters vantait la « crédibilité retrouvée » du pays.
Pour les milieux d’affaires, les investisseurs et les grandes entreprises, qui applaudissent des deux mains le gouvernement Meloni, « la stabilité et la force » sont en effet au rendez-vous. Dès son arrivée au pouvoir, la dirigeante d’extrême droite, héritière du néofascisme italien, a montré qu’elle était au service du grand patronat. Abandonnant toutes les déclarations démagogiques sur la défense des intérêts du « petit peuple », Meloni a tout de suite revêtu son costume de reine de l’austérité et de la rigueur budgétaire. L’opposante farouche aux « diktats » de l’Union européenne s’est transformée en garante de la maîtrise du déficit, ce qui lui a valu un prêt de 122 milliards d’euros et plus de 71 milliards de subventions de la part de l’Union européenne , dont les grands groupes italiens ont évidemment pu profiter. C’en était fini de toutes les promesses « sociales ». Sur les retraites par exemple, contrairement à ce que Frères d’Italie mettait en avant, le gouvernement Meloni n’est pas revenu sur le recul de l’âge de départ et a même supprimé une mesure qui aurait permis aux travailleuses de partir plus tôt, bien qu’avec une pension inférieure.
Quant aux dépenses de l’État, Meloni a annoncé l’augmentation des dépenses militaires en même temps qu’elle assumait d’amputer les dépenses sociales de 7,5 milliards d’euros, alors que l’accès à la santé publique devient quasiment impossible.
Au moment où la dirigeante d’extrême droite se vantait sur scène d’avoir augmenté le nombre d’emplois, 2 500 ouvriers de l’Ilva de Tarente, à 100 km de là, recevaient leur lettre de licenciement, Electrolux confirmait la suppression de près de 1 500 emplois et la fermeture de son site d’Ancône. Les plans de licenciement se succèdent dans les grandes entreprises, tandis que se multiplient les emplois précaires et sous-payés, que de nombreux travailleurs, en particulier parmi les plus de 60 ans, sont contraints d’accepter. Les statistiques des accidents du travail établissent d’ailleurs un record de morts pour l’année 2025, qui touche particulièrement les travailleurs immigrés du bâtiment, de l’agriculture et de la logistique, et aussi ceux âgés de plus de 60 ans. Quant aux salaires, Meloni opposait au salaire minimum, qui n’existe pas en Italie, le « salaire juste ». Les travailleurs d’Italie, dont les salaires sont parmi les plus bas d’Europe occidentale, apprécieront, au moment où les prix des carburants et l’augmentation de toutes les factures les font plonger un peu plus.
Au bout de quatre ans de pouvoir, la Le Pen italienne a fait la démonstration que son gouvernement méritait bien, comme tous les autres, la confiance du grand patronat.