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Leur société
IVG : un droit menacé
Deux ans après l’inscription de l’interruption volontaire de grossesse (IVG) dans la Constitution, une enquête du Planning familial révèle comment l’accès à ce droit s’est dégradé, à la fois du fait de la détérioration du système de santé et des pressions réactionnaires, même si 86% de la population approuvent la légalisation de l’IVG.
Faute d’infrastructures médicales à proximité, 20% des femmes sont obligées de changer de département pour réaliser une IVG ; la fermeture de services hospitaliers ou de centres médicaux allonge le délai pour obtenir un rendez-vous et rend impossible le libre choix entre méthode médicamenteuse et méthode chirurgicale, comme prévu par la loi. Le refus de certains médecins d’accompagner une patiente pour l’intervention est passé de 27% à 50% en deux ans et l’information est souvent tributaire de la débrouille individuelle.
Bien des femmes ont témoigné auprès de centres du Planning familial de leur difficulté à résister aux pressions de leur entourage et de leur volonté d’obtenir des renseignements fiables en échappant aux prétendus sites sur les réseaux sociaux qui, sous prétexte d’information, distillent en contrebande ou ouvertement les « conseils » culpabilisants des réactionnaires natalistes.
Le Planning familial réclame la suppression de la clause de conscience des médecins spécifique à l’IVG. Il réclame, à juste titre, un allongement du délai légal pour pratiquer une IVG de 14 à 22 semaines comme dans d’autres pays européens, tout en sachant que, la réaction s’amplifiant, le droit à l’avortement sera attaqué « non par la loi mais par l’accès ». Pour cela, la mobilisation des femmes, et des hommes, sera nécessaire, une fois de plus, pour défendre le droit de choisir sa vie.