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Jean-Pierre Mercier : “faire face à l’arrogance de la bourgeoisie !”

Aujourd’hui, quand on fait le plein d’essence, on se vide les poches, on se fait saigner […]. La hausse des tarifs de l’énergie se répercute dans toute l’économie. La seule façon de nous protéger de l’inflation généralisée, c’est que les salaires, les allocations, les pensions de retraite augmentent et rattrapent l’augmentation des prix. Alors, nous devons revendiquer une augmentation massive des salaires et des pensions avec un salaire minimum de 2 200 euros net par mois ! Et, pour se protéger de l’inflation, il faut imposer que les salaires, les allocations et les pensions suivent la hausse réelle des prix ! […]
Les risques pour les travailleurs, les profits pour les patrons
Il est insupportable d’entendre le grand patronat pleurer, comme le dirigeant du Medef, Patrick Martin, qui ose affirmer : « On a atteint le seuil de douleur. » À écouter le dirigeant du Medef, ils prennent des risques en créant des richesses. C’est un mensonge ! Ceux qui prennent des risques, c’est nous, les travailleurs, qui risquons notre vie et notre santé. C’est nous que le travail démolit avec, souvent, au bout, le prix du sang.
À Stellantis, à Poissy, où je travaille, cette semaine, lors de travaux de démontage d’une presse, un ouvrier a chuté et s’est retrouvé coincé par un vérin hydraulique de huit tonnes. Alors qu’il hurlait de douleur, les secours ont mis deux heures pour le désincarcérer. Transporté à l’hôpital en urgence absolue, il a dû être amputé d’une jambe et d’autres séquelles sont sans doute à venir. À l’âge de 35 ans, il restera handicapé à vie. Ces risques-là, aucun patron ne les prend et il faudra s’en souvenir quand la colère sociale explosera ! Ni oubli ni pardon !
Le patron du Medef, lui, a hérité de l’entreprise de papa, qui lui-même l’avait héritée de grand-papa… Il est entré dans l’entreprise familiale « par la petite porte », raconte-t-il. Comme ouvrier ? Bien sûr que non. En prenant la direction d’une usine du groupe. Aujourd’hui, il est à la 387e place au classement des 500 plus grandes fortunes du pays. Son héritage et sa fortune, il les doit à l’exploitation de plusieurs générations de travailleurs !
Et ces grands patrons ont le culot de se présenter comme des « créateurs d’emplois », des entrepreneurs. Créateurs d’emplois, vraiment ? Alors qu’ils continuent à licencier à tour de bras, jetant au chômage des dizaines de milliers de travailleurs, ruinant des régions entières […] !
Partout le patronat est à l’offensive. Des millions de travailleurs s’esquintent la santé à suivre des cadences qui augmentent, à effectuer le travail pour deux, tandis que des millions d’autres sont condamnés au chômage, aux emplois précaires. Pour sauver notre peau, il n’y aura pas d’autre solution que de se battre pour imposer la répartition du travail entre tous et l’embauche massive des chômeurs. Aucun travailleur ne doit être privé de son salaire !
La dette de l’État n’est pas celle des travailleurs
Le gouvernement a annoncé qu’il voulait faire 54 milliards d’économies dans son budget 2027. Tous ses ministres et porte-parole, relayés par une campagne médiatique incessante, répètent en boucle que les caisses de l’État sont vides, qu’il y a une dette de plus de 1 300 milliards d’euros à payer… Est-ce que cette dette empêche le gouvernement d’augmenter le budget de l’armée ? Non. Est-ce qu’il se propose de prendre dans les milliards de cadeaux patronaux ? Non plus. Non, c’est aux travailleurs, aux classes populaires, aux plus pauvres que le gouvernement demande de payer ! […] Mais comme si cette dette était la nôtre ! Les travailleurs n’ont pas à payer une dette dont ils ne sont pas responsables. Nous, on a assez payé comme ça, c’est aux milliardaires, aux capitalistes de payer ! Cet été, les principaux groupes du CAC 40 ont annoncé des profits de 74 milliards d’euros pour les six premiers mois de l’année, une progression de 40 % sur un an. Entre avril et juin, en trois mois, 61 milliards d’euros ont été reversés en dividendes aux actionnaires. Les actionnaires français du CAC 40 sont les champions d’Europe du versement de dividendes […].
À l’offensive patronale et gouvernementale, opposer la force des travailleurs
Quand le grand patronat parle du « coût du travail », c’est pour masquer que les travailleurs lui rapportent, qu’il n’y aurait pas les profits, les dividendes versés aux actionnaires sans le travail de dizaines de millions de femmes et d’hommes. C’est pour masquer l’exploitation. […]. Ceux qui sont utiles, indispensables, ce sont les travailleurs. Alors ils doivent l’affirmer, en être fiers, et opposer cette fierté ouvrière à l’arrogance de la bourgeoisie, qui n’est qu’une classe d’exploiteurs qui accapare la richesse créée par la classe des travailleurs ! […]
Le patronat et ses représentants de tout poil nous parlent régulièrement des cotisations sociales. Ces « charges », car c’est ainsi qu’ils en parlent, seraient trop lourdes. Les porte-parole patronaux répètent qu’il faudrait « rapprocher le salaire brut du salaire net », en faisant croire ainsi aux travailleurs que leur salaire pourrait augmenter de cette façon. Là encore, les patrons mentent comme des arracheurs de dents ! Ces cotisations sociales, elles servent à financer l’assurance maladie, l’assurance chômage, la retraite et, pour ce qui nous concerne, nous les travailleurs, nous les payons entièrement, contrairement aux patrons, qui ne paient quasiment plus rien […].
Les caisses des familles bourgeoises débordent d’argent. Ces profits, c’est notre travail qui les a produits. Le but des capitalistes, ce n’est pas de produire des voitures, des yaourts ou des sacs à main, même quand ce sont des sacs Vuitton. Pour les capitalistes, les travailleurs sont là pour produire leurs profits. Et n’importe quel patron le sait d’instinct : à partir du moment où un salarié franchit le seuil de son entreprise, à partir du début de la journée de travail, chaque minute, chaque seconde qui n’est pas employée à suer du profit, c’est du temps gâché.
Tous les jours de l’année, le patronat nous fait la guerre pour intensifier l’exploitation. Il mène sa lutte de classe. Eh bien, du côté des travailleurs, nous devons mener la nôtre, pour défendre nos intérêts de travailleurs, sous peine de nous faire écraser […]. La seule guerre que les travailleurs doivent mener, c’est la guerre contre leurs exploiteurs, les capitalistes !