- Accueil
- Lutte ouvrière n°3039
- Lecornu rend sa copie : très insuffisant
Les jeunes en lutte
Lecornu rend sa copie : très insuffisant
Lundi 26 octobre, lors d’une entrevue entre le Premier ministre, Sébastien Lecornu, et des représentants des lycéens et des étudiants, le gouvernement a enfin daigné répondre autrement que par les coups de matraque et le gaz lacrymogène à ceux qui se mobilisent depuis plus d’un mois.

Lecornu avait annoncé aux jeunes qu’il leur répondrait « fin octobre », misant sur l’épuisement de la mobilisation. Le succès de la dernière manifestation en date, celle du samedi 24, l’a obligé à tenir sa promesse. Comme l’ont remarqué les jeunes invités par le Premier ministre, il ne s’agit que de miettes.
Quatre milliards d’euros annoncés pour remettre en état les établissements scolaires ? En réalité, il ne s’agit pas de nouveaux crédits mais de prêts à taux préférentiels pour les régions, qui devront donc les rembourser… si elles décident de souscrire ces emprunts car rien ne les y oblige. Quant à la limite de 28 élèves par classe, ce ne sera qu’à la rentrée 2027 et cela ne concernera que les classes de seconde de la moitié des lycées, c’est-à-dire au mieux 15 % des élèves. La fin de Parcoursup est annoncée, mais en 2028, et remplacé par quoi ? On ne sait pas.
Lecornu a promis de revenir sur la suppression de 836 postes d’enseignants dans le secondaire et d’en recruter 500 de plus, ainsi que de créer 15 000 places supplémentaires dans l’enseignement supérieur pour les étudiants… sur les 150 000 nécessaires. La plupart de ces mesures seront des amendements au futur budget 2027 dont rien ne garantit qu’il sera voté, loin de là.
Et, revenant au ton martial, le ministre de l’Enseignement supérieur, Philippe Baptiste, a immédiatement déclaré à l’adresse des lycéens et des étudiants : « Le travail doit reprendre lundi. » Il ose lancer cette injonction, lui dont le gouvernement a utilisé à outrance les lock-out des lycées et des universités pour empêcher le mouvement de se développer. Derrière les boniments, cela annonce déjà le retour des CRS devant les établissements scolaires et universitaires.
La meilleure réponse à donner au gouvernement est que la mobilisation lycéenne reprenne de plus belle à la rentrée, galvanisée par le succès des manifestations du 17 et du 24 octobre qui ont eu lieu pendant les vacances scolaires, et que celle des étudiants s’étende. La manifestation du 5 novembre pourrait être un objectif. Si, en plus des lycéens, des étudiants, et de tous ceux qui se sont déjà joints aux manifestations, s’ajoutent des centaines de milliers de travailleurs en grève, une étape nouvelle et importante de l’extension du mouvement sera franchie.