Lecornu revient à la charge22/04/20262026Journal/medias/journalnumero/images/2026/04/une_3012-c.jpg.445x577_q85_box-0%2C7%2C1265%2C1644_crop_detail.jpg2026-04-22

Leur société

Lecornu revient à la charge

À peine une semaine après le recul du gouvernement sur le travail du 1er Mai, Lecornu est revenu à la charge. Il a annoncé que les boulangeries-pâtisseries artisanales et les fleuristes pourront ouvrir, dans un « cadre juridique sécurisé » dès ce 1er mai 2026.

Précédemment, Gabriel Attal avait présenté à l’Assemblée nationale un projet de loi visant à étendre le travail le 1er Mai. Il avait alors suscité une levée de boucliers du côté de la gauche parlementaire. Les organisations syndicales, CGT et CFDT, dénonçaient le risque d’ouverture « d’une brèche contre les droits des salariés ». Et le PS menaçait même d’une motion de censure.

Alors avait commencé un imbroglio parlementaire pour contourner les multiples amendements déposés par la gauche, et les macronistes avaient eux mêmes voté la motion de rejet préalable aux débats car cela permettait de convoquer directement une commission mixte paritaire du Sénat et de l’Assemblée.

Ainsi, cette réunion de sénateurs et députés, dominée par la droite et le centre, aurait sans aucun doute trouvé rapidement une version commune à cette proposition de loi. Mais, le 13 avril, Lecornu annonçait son refus de transmettre le texte à cette commission, rangeant ainsi au placard cette attaque contre les droits des travailleurs.

De façon assez prévisible, ce « recul » du gouvernement s’est révélé une entourloupe. Quatre jours plus tard, Lecornu annonçait la possibilité pour les fleuristes et boulangers indépendants et artisanaux d’ouvrir ce 1er mai 2026 sans risquer d’avoir une amende pour avoir fait travailler leurs salariés ce jour, comme cela découle actuellement du Code du travail. Et il précisait qu’un projet de loi sur l’extension du travail du 1er Mai serait soumis au vote d’ici 2027.

Si Lecornu a sans doute reculé devant la perspective d’un débat parlementaire non souhaité, il n’en devait pas moins démontrer lui aussi son ardeur à s’attaquer au seul jour férié, chômé et payé reconnu aux travailleurs. C’est une façon de montrer combien il comprend les revendications du patronat contre toute entrave à l’exploitation des travailleurs. Un Premier ministre de la bourgeoisie doit de toute façon dire et répéter son mépris pour une journée qui incarne l’histoire des combats de la classe ouvrière.

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