« L’extrême gauche » : une cible pour faire peur04/03/20262026Journal/medias/journalnumero/images/2026/03/une_3005-c.jpg.445x577_q85_box-0%2C7%2C1265%2C1644_crop_detail.jpg

Leur société

« L’extrême gauche » : une cible pour faire peur

La campagne politique contre LFI et son leader, Jean-Luc Mélenchon, entamée après la rixe de Lyon, continue désormais avec d’absurdes accusations d’antisémitisme portées contre ce parti.

La dénonciation de « l’extrême gauche » est unanime, allant du PS et des écologistes jusqu’au RN.

Relayée par tous les organes de presse, cette campagne vise à exclure LFI de « l’arc républicain », c’est-à-dire des partis considérés comme dignes d’exercer des responsabilités gouvernementales. L’objectif de ces partis de la gauche et du centre est de calomnier suffisamment Mélenchon pour espérer le devancer à l’élection présidentielle et voir ainsi leur candidat, s’ils en trouvent un, qualifié pour le second tour puis victorieux devant celui du RN. Le parti d’extrême droite, quant à lui, en proposant un cordon sanitaire contre LFI, se taille pour pas cher un brevet de républicanisme, de modération et de respect du droit. La vérité est que l’activiste lyonnais d’extrême droite a été tué dans une bagarre que ses amis avaient délibérément provoquée, que soupçonner Mélenchon d’antisémitisme relève de la calomnie et que LFI est un parti tout aussi responsable vis-à-vis de la bourgeoisie et de l’État que tous les autres. Mais cette vérité n’intéresse aucun de ces partis ni aucun de ces médias.

Un bon nombre de responsables politiques et médiatiques se sont désormais faits à l’idée de l’arrivée du RN aux responsabilités, voire à l’Élysée. Ils se préparent donc à partager les postes et à gérer avec lui les affaires du grand patronat, pour assurer la pérennité de l’ordre social. Et, pour ce faire, puissamment aidés par le chœur médiatique, ils légitiment par avance le RN en se trouvant un nouvel épouvantail en la personne de Mélenchon.

Au-delà de la concurrence entre partis de gouvernement, la chasse à LFI, à « l’extrême gauche » et au prétendu antisémitisme vise en fait tous ceux qui pourraient apparaître peu ou prou comme des contestataires de l’ordre social, de la guerre, de l’oppression et des massacres à Gaza ou ailleurs, voire, tout simplement, ceux qui veulent résister à l’exploitation. De telles accusations ont d’ailleurs déjà été portées contre des syndicalistes et des militants pour les droits des Palestiniens. Cette manœuvre fait partie de celle, plus vaste, permanente et multiforme, visant à mettre au pas l’ensemble de la population, en particulier les travailleurs. C’est un battage réactionnaire qu’il faut dénoncer.

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