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Lhyfe – Le Havre : gavée d’argent public
Lhyfe est une start-up productrice d’hydrogène « vert », c’est-à- dire obtenu par l’électrolyse de l’eau et non des combustibles fossiles.
En 2023, Lhyfe, qui ne dispose que de deux petits sites de production en Vendée et en Bretagne, a été sélectionnée pour le projet européen de décarbonation « Green Horizon », afin de produire de l’hydrogène pour l’usine d’engrais Yara, installée au Havre depuis un demi-siècle.
Alors que Lhyfe n’a quasiment rien produit depuis trois ans, qu’elle n’a que 200 salariés et vient d’annoncer se séparer de la moitié d’entre eux, elle a réussi à toucher le jackpot. Dans le cadre du programme Green Horizon, l’État français lui a en effet promis 149 millions d’euros d’aides. Le ministre de l’Industrie Roland Lescure l’avait annoncé en 2024, son successeur Marc Ferracci l’a confirmé en 2025, et cette semaine le successeur du successeur, Sébastien Martin, l’a confirmé lors d’une visite.
Yara, qui produit des engrais et de l’ammoniac, produit aussi de l’hydrogène d’origine fossile pour deux euros le kilo, alors que le procédé en partie « vert » de Lhyfe est dix fois plus cher. Dans la zone industrielle portuaire du Havre, TotalEnergies, Yara et Air Liquide sont en concurrence pour verdir leurs procédés industriels dans le cadre de la transition écologique, mais ils s’accordent pour que leurs investissements soient financés par… l’argent public.
Il n’est donc pas étonnant que Lhyfe parle de « pipeline commercial » et que son dirigeant Mathieu Guesné continue d’exploiter le filon. Alors que l’argent manque dans tous les services utiles à la population, les aides fournies aux entreprises de la zone industrielle sont colossales. Avec 149 millions d’euros, on pourrait construire quatre collèges ou encore un hôpital.