Licenciements : une arme de destruction massive04/03/20262026Journal/medias/journalnumero/images/2026/03/une_3005-c.jpg.445x577_q85_box-0%2C7%2C1265%2C1644_crop_detail.jpg

Leur société

Licenciements : une arme de destruction massive

Fin février, le groupe SEB a annoncé sa décision de supprimer 2 100 emplois dans le monde. SEB prétexte la concurrence chinoise pour camoufler sa guerre contre les travailleurs.

Le groupe d’électroménager se plaint d’une « rentabilité en baisse » car son chiffre d’affaires aurait reculé de 1,2 %. Ce chiffre a tout de même atteint 8,7 milliards d’euros, tandis que les profits net sont en hausse, à 245 millions d’euros. En réalité, le groupe attaque les travailleurs et supprime leur emploi pour augmenter encore ses profits. Pendant ce temps, le propriétaire principal de SEB, la famille Lescure, multi-milliardaire, n’a pas perdu un centime. La Bourse ne s’y trompe pas : elle a accueilli l’annonce de ce plan de suppressions d’emplois par un bond de 10 % de l’action SEB.

Quant à invoquer la concurrence chinoise, c’est le comble ! En 2006 et 2007, le groupe SEB a racheté la majorité des parts du groupe chinois « Supor », ce qui lui permet de réaliser 24 % de ses ventes en Chine.

Le 3 mars, les papeteries de Condat, en Dordogne, annonçaient à leur tour des licenciements. Cette entreprise, en redressement judiciaire depuis octobre 2025, vient d’être rachetée, pour un petit million d’euros, par la Société de participation de la Braye (SPB), qui prévoit de jeter sur le carreau 125 travailleurs, soit 90 % de l’effectif. SPB est un gestionnaire de fonds, spécialiste de ce genre d’opérations. En 2019, il avait racheté une autre papeterie dans la Sarthe, ArjoWiggins, supprimant dans la foulée des centaines d’emplois. Les travailleurs ont tout perdu, mais le racheteur y a suffisamment gagné pour renouveler ses opérations.

Dans tout le pays, les capitalistes organisent une véritable saignée des emplois. La CGT a recensé, entre septembre 2023 et décembre 2025, 483 plans qui auraient fait disparaître entre 200 000 et 300 000 emplois. Nombre des travailleurs ainsi mis sur le carreau ne retrouvent pas d’emploi dans leur région dévastée par les licenciements ou doivent accepter d’être précaires avec des salaires drastiquement réduits.

Si certains licenciements ont lieu dans des petites entreprises réellement en difficulté, ce n’est pas le cas général. La plupart des plans concernent des groupes richissimes, comme Michelin, Auchan, ArcelorMittal, Royal Canin, Arkema, Saverglass et bien d’autres dont les actionnaires se portent très bien. C’est même pour assurer leur fortune et la hausse de leurs profits qu’ils opèrent ces destructions d’emplois, dans leurs entreprises ou chez leurs sous-traitants. Ces licenciements sont le produit de la guerre que les capitalistes mènent au monde du travail. Il n’y a aucun cessez-le-feu ni aucun armistice à attendre de leur part. Il faudra que les travailleurs se regroupent et s’apprêtent à combattre collectivement pour les faire reculer et les vaincre.

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