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Dans les entreprises
Lidl : moins d’emplois pour plus de profits
L’enseigne de hard discount Lidl a annoncé 550 suppressions d’emplois, soit 1,2 % des 46 000 travailleurs du groupe en France.
Après avoir dévoilé son projet le 9 avril, Lidl a envoyé une note de deux pages aux salariés. Le ton est donné dès la première phrase : Lidl veut « rester toujours plus compétitive et performante ». En clair, il s’agit de rogner sur les emplois et les conditions de travail pour engranger toujours plus de bénéfices. Il y a quelques mois, l’enseigne annonçait ses objectifs : viser 10 % de parts du marché de la grande distribution en France (contre 8 % en 2025) grâce à 2 000 enseignes (contre 1 627 fin août 2025) d’ici 2030, notamment via le rachat de magasins concurrents.
Une page entière de la lettre est consacrée à ce que les travailleurs du groupe sont censés répondre à d’éventuels clients inquiets : aucun magasin Lidl ne sera fermé. Les 550 suppressions d’emploi viseraient uniquement la gestion des commandes, donc la chaîne d’approvisionnement, les services du personnel (RH), et le « merchandising », c’est-à-dire le service dédié au placement des produits et promotions en magasin.
Bien des travailleurs de Lidl savent qu’une partie des tâches réalisées par ces services leur retomberont dessus après le licenciement des salariés qui les assuraient jusqu’ici. Et ils savent aussi que les promesses de la direction ne valent rien. Après s’être attaquée aux travailleurs des services indirects, les employés libre-service ou les caristes s’attendent à être dans le viseur de cette politique qui veut « gagner en simplicité ».
D’ailleurs, les rumeurs reviennent déjà concernant la généralisation de l’ouverture des magasins Lidl le dimanche. Il y a un an, les travailleurs s’étaient mis en grève contre une première tentative de faire passer ce projet. Jusque-là, la direction promettait qu’elle ne s’appuierait que sur des travailleurs « volontaires » pour ouvrir certains de ses magasins le dimanche matin. Alors, la promesse faite dans la lettre, selon laquelle les 550 suppressions d’emplois s’appuieront sur le « volontariat », les travailleurs savent à quel point elle est mensongère !
En 2024, Schwarz (la maison mère de Lidl) déclarait un chiffre d’affaires de 175 milliards d’euros (+ 4,9 %) dans 32 pays. Ces profits ont été faits avec la sueur des travailleurs… y compris ceux qu’elle licencie aujourd’hui.