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- Lutte ouvrière n°3038
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Les jeunes en lutte
Limoges
Dès 10 heures, plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées, à l’appel d’anciens gilets jaunes et de la Confédération paysanne. Les manifestants étaient nombreux et très divers.
Beaucoup de jeunes, lycéens et étudiants, des profs, des hospitaliers, des travailleurs du privé, des syndicalistes, et beaucoup de familles étaient venues manifester ensemble.
Rapidement, le cortège s’est mis en branle en direction de l’entrée de l’autoroute. Ceux qui ont pris la tête du cortège voulaient la bloquer. La manifestation, qui avait grossi de plusieurs milliers de personnes, a suivi, dans une ambiance joyeuse, avec pancartes en carton et même un orchestre.
À la jonction avec l’autoroute, beaucoup de gaz lacrymogène a fusé. L’atmosphère a vite été irrespirable. Une grande partie du cortège a spontanément changé de direction. Mais après un moment, beaucoup sont revenus vers l’autoroute, forçant le cordon de policiers à reculer. Les manifestants occupaient la voie dans la même ambiance qu’au début de la manifestation.
À 17 heures, les manifestants restants, un millier environ, se sont retrouvés devant la mairie. Quelques-uns s’en sont pris au bâtiment et ont déclenché un incendie au rez-de-chaussée. À ce moment-là, parmi les manifestants rassemblés tout autour, on a pu entendre des réflexions telles que « Ça ne marche pas quand on manifeste calmement », mais plus souvent « Ça sert à rien », « attaquer la mairie, ça n’a pas de sens ». Quand le feu s’est propagé à la toiture, c’était la sidération.
Depuis, le maire multiplie les déclarations sur l’ordre à rétablir, contre les casseurs, les pilleurs. Le dimanche soir, il a organisé une manifestation, appelant à un « élan républicain ». Comme les médias, il a totalement occulté la réussite de la manifestation et encore plus les revendications des jeunes et des travailleurs.
Bien des travailleurs pensent que c’est complètement stérile de s’en prendre à la mairie. On entend : « On y va souvent », « Comment vont faire ceux qui ont besoin de quelque chose ? » Ils pensent aussi aux difficultés que vont avoir les employés municipaux pour faire leur travail dans les semaines prochaines. Mais, rapidement, beaucoup parlent aussi de ce qui a provoqué la manifestation : les jeunes qu’on n’écoute pas, les moyens qui manquent, tous les prix qui augmentent. Pour eux, pas question de s’arrêter de protester et de manifester.