Logement : tableau accusateur04/02/20262026Journal/medias/journalnumero/images/2026/02/une_3001-c.jpg.445x577_q85_box-0%2C7%2C1262%2C1644_crop_detail.jpg

Leur société

Logement : tableau accusateur

« Sur le front du mal-logement, le tableau s’est encore assombri », constate la Fondation pour le logement des défavorisés, ex-Fondation abbé Pierre, dans son rapport annuel. C’est en particulier le cas du logement dit social.

Alors que la demande n’a jamais été aussi élevée – il y a plus de 2,8 millions de dossiers en attente –, les chances d’obtenir un logement en HLM n’ont jamais été aussi faibles. Une seule demande sur dix, formulée au cours de l’année, a obtenu une réponse favorable en 2024, contre une sur six en 2017. Jamais les ménages ayant un logement n’ont été autant condamnés à la précarité énergétique, ainsi qu’aux bouilloires thermiques l’été quand les canicules se multiplient. Les loyers pèsent de plus en plus sur les budgets des milieux populaires et les APL sont déconnectées de la hausse des loyers. Les HLM doivent prendre sur leur budget pour payer une partie des APL à la place de l’État, aux dépens du financement de nouveaux logements : 85 000 HLM ont été construits en 2024, loin d’être tous à des loyers abordables, contre 124 000 en 2016. Un plan de relance de la construction a bien été annoncé, mais « focalisé sur l’ampleur des aides fiscales nouvelles à accorder aux bailleurs privés, qui se plaignent d’une baisse de leurs rendements locatifs ».

Les milieux populaires continuent de s’appauvrir : on compte près de 12 millions de personnes sous le seuil de pauvreté. Davantage de ménages ont recours à l’aide des proches, voire à l’aide alimentaire. Même si c’est bien loin de son orientation politique, ce 31e rapport sur le mal-logement atteste, comme les précédents, de la façon dont le capitalisme accroît la crise du logement et de la nécessité de construire une société qui aurait pour objectif de satisfaire les besoins de la population.

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