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Leur société
Loi contre les violences sexuelles : les élus se hâtent lentement
Plusieurs milliers de manifestants se sont rassemblés lundi 7 septembre dans différentes villes de France, jour où débutait l’examen de la « loi intégrale » à l’Assemblée nationale, dont le but annoncé est de protéger les enfants et les femmes victimes de violences sexuelles.
Il aura fallu le viol et le meurtre de la jeune Lyhanna, qui auraient pu être évités si la plainte déposée avait été prise en compte en temps voulu, pour que, dans tous les rouages du gouvernement, les hommes et femmes de pouvoir commencent à se pencher sur ces crimes.
Cela ne s’est pourtant pas fait spontanément, seules les pressions renouvelées de manifestants, révoltés par la désinvolture et l’incurie des responsables de différentes institutions, les ont poussés à s’en préoccuper. Ainsi est né le projet mené par des associations féministes d’une « loi intégrale », regroupant tous les aspects et la chaîne de personnes liés à ces violences : prévention, police, justice, éducation, aide aux victimes, etc.
C’est ce projet, comptant 69 articles, que les députés commencent à examiner. Combien de temps va-t-il falloir pour que, passant de l’Assemblée au Sénat après avoir navigué dans diverses commissions, la loi soit promulguée ? Il faudra « le temps nécessaire pour examiner le budget », a déclaré Aurore Bergé, la ministre de l’Égalité entre les femmes et les hommes, en tout cas « avant la fin du quinquennat ».
Il reste à savoir quel budget sera accordé à cette loi qui, si elle est adoptée, couvrira un vaste domaine en personnel, spécialistes, locaux, institutions, pour permettre à la fois d’empêcher le plus possible que des brutes s’en prennent aux enfants et aux femmes, et aux victimes d’être prises en charge pour qu’elles puissent mener une vie sans crainte. Les associations ont estimé à 3 milliards d’euros annuels le budget qui serait nécessaire si cette loi était appliquée. Outre le fait que cela paraît bien faible eu égard à tous les besoins, le gouvernement n’a pas attribué beaucoup d’argent à aider les plus faibles. Ainsi, à l’heure actuelle, il ne consacre que 12,7 millions par an à la lutte contre les violences sexuelles, soit 0,003 % du budget de l’État, équivalent à une quinzaine d’appartements parisiens des beaux quartiers. On est loin des 3 milliards !