Loi d’urgence agricole : pour les plus gros22/07/20262026Journal/medias/journalnumero/images/2026/07/une_3025-c.jpg.445x577_q85_box-16%2C0%2C1287%2C1649_crop_detail.jpg2026-07-22

Leur société

Loi d’urgence agricole : pour les plus gros

Lundi 20 juillet, l’Assemblée nationale a adopté la loi dite « d’urgence agricole » qui va empirer la situation des plus petits agriculteurs, alors qu’elle est présentée comme visant à répondre à leurs problèmes.

Les manifestations de l’hiver dernier ont mis en avant bien souvent des agriculteurs n’arrivant pas à vivre de leur travail. C’est notamment la concurrence des plus gros ainsi que leur dépendance aux banques, aux grandes entreprises de semences, de produits phytosanitaires et d’engins agricoles, qui rendent leur situation intenable. La loi votée ne prévoit rien pour aider les petits agriculteurs, encore moins les ouvriers agricoles. Elle s’attaque en revanche à des mesures écologiques et de santé publique pour permettre aux plus gros d’entre eux de rester compétitifs sur le marché mondial, c’est-à-dire de continuer à faire du profit.

Cette loi facilite par exemple le stockage de l’eau dans des mégabassines, en vue de pouvoir plus irriguer les cultures. Cela favorise avant tout les plus gros, ceux qui pourront investir dans ces mégabassines et donc mettre la main sur cette ressource. Les surfaces irriguées en France sont en réalité très peu nombreuses, mais elles sont en revanche concentrées dans des grandes exploitations sous le contrôle de capitalistes de l’agriculture. Poursuivre dans cette voie aura comme conséquence d’assécher encore plus les réserves d’eau souterraines, ne faisant alors qu’aggraver les effets de la sécheresse pour l’ensemble des autres parcelles agricoles.

La loi introduit aussi des dérogations à l’interdiction de pesticides dangereux pour l’environnement et la santé des consommateurs et des travailleurs agricoles tels que l’acétamipride et le flupyradifurone produit par le géant de la chimie Bayer. C’est le cas notamment pour la betterave à sucre, une culture industrielle dominée par des groupes comme Tereos au chiffre d’affaires annuel de près de 4 milliards d’euros.

Enfin, la constitution d’élevages plus grands est facilitée, ce qui est dans l’intérêt évident des plus gros agriculteurs et pose divers problèmes : risque d’épidémie plus grand, usage intensif de médicaments avec des conséquences sur la santé des consommateurs.

Pour soigner les profits des géants de l’agriculture, la loi d’urgence agricole dégrade donc à la fois la santé des travailleurs agricoles, des consommateurs et des écosystèmes.

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