Lycées : une colère qui s’étend 30/09/2026 2026 Journal /medias/journalarticle/images/2026/09/P3-1bis_A_Vannes_le_29_septembre_C_LO.jpg.420x236_q85_box-0%2C79%2C611%2C423_crop_detail.jpg 2026-09-30

Leur société

Lycées : une colère qui s’étend

Partie de banlieue parisienne depuis une dizaine de jours, la contestation des lycéens s’est étendue de Créteil au Blanc-Mesnil, à la Courneuve, à Saint-Denis, à Saint-Ouen.

Illustration - une colère qui s’étend

Elle s’est propagée lundi 28 septembre à 180 lycées de plusieurs régions, du Nord à l’Isère et aux Alpes-maritimes.

Dans ces villes, et notamment leurs quartiers populaires, les mots d’ordre se ressemblent. Les jeunes dénoncent les locaux délabrés, la chaleur dans les classes, les effectifs surchargés, jusqu’à 35 élèves par classe et plus, les emplois du temps à rallonge, avec beaucoup d’heures de trou, et le manque de personnel de toute sorte : professeurs, infirmières, assistantes sociales, surveillants, agents de nettoyage et de restauration sont en sous-effectif. Nombre d’entre eux ont ajouté à la liste, à travers des vidéos percutantes, le mépris qu’ils ressentent parce qu’ils sont moins bien lotis que les lycéens des beaux quartiers, ou encore le racisme qu’ils subissent.

« Les difficultés rencontrées par certains lycées appellent des réponses concrètes : nous les traitons, établissement par établissement. Elles ne justifient ni les tirs de mortiers, ni les entraves à l’accès aux cours, ni toute forme de violence », a déclaré le ministre de l’Éducation Edouard Geffrey. Mais les jeunes savent par leurs frères et sœurs, leurs amis, lycéens avant eux, que la situation se dégrade depuis des années, et que le gouvernement ne fait rien pour y remédier.

La réaction des autorités a été, partout, de faire intervenir la police de façon brutale, et de nombreux lycéens ont été gazés, interpelés, dans des quartiers où les jeunes sont déjà confrontés à ses contrôles répétés et agressifs.

Lundi 28 septembre, le Premier ministre, Sébastien Lecornu, dénonçait la violence aux abords des lycées, pas celle de la police bien sûr. Il en appelait au calme, accusant les élus de La France Insoumise d’instrumentaliser le mouvement. Mais le lendemain, mardi 29 septembre, jour de la grève des enseignants, en guise de réponse, la contestation s’est étendue et plus de 300 lycées, parmi les plus populaires, se sont mobilisés.

On ne peut que partager la révolte que les lycéens expriment. S’ils ne veulent pas que leurs conditions d’études continuent à se dégrader, les jeunes n’ont d’autres choix que d’approfondir leurs mobilisations.

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