Les jeunes en lutte
Lyon

Samedi 24 octobre, malgré l’interdiction par la préfecture de tout rassemblement dans le centre puis le refus d’un parcours de manifestation déposé par le syndicat Solidaires, plus de 10 000 personnes ont défilé dans la ville.
Ni ces interdictions, ni le climat de peur relayé par les médias, ni l’arrêt dès midi de la majorité des métros, trams et bus, n’ont découragé les manifestants qui ont rejoint différents rassemblements appelés sur les réseaux sociaux, par des groupes militants ou par les lycéens et étudiants mobilisés. Malgré un usage généreux des gaz et de la matraque, la police a eu bien du mal à disperser les milliers de personnes qui ont manifesté jusqu’en fin d’après-midi.
Dès 13 heures, plus de 1 500 personnes se sont rassemblées place Jean- Macé, dans le 7e arrondissement. Des étudiants, qui avaient organisé un petit service d’ordre, Lutte ouvrière ainsi que quelques organisations dont le NPA-R, s’apprêtaient à partir en manifestation lorsque leur cortège a été attaqué par la police à grand renfort de gaz lacrymogènes. Des commerçants voisins ont déclaré à la presse combien l’attitude des forces de l’ordre les avait choqués.
Ailleurs, notamment dans le quartier de la Guillotière à la limite de la zone interdite par la préfecture, des milliers de personnes ont défilé. Parmi elles, comme le 17 octobre, un groupe de soignantes, brancardiers et ouvriers de l’hôpital de la Croix-Rousse était bien visible, en tenue de travail et avec une banderole. Dans quelques entreprises, des syndicats avaient appelé à cette manifestation interdite – la CGT de l’équipementier automobile JTEKT, celle de Renault Trucks –, mais l’absence de banderole et de cortèges syndicaux était notable. Des militants syndicaux, cheminots, enseignants ou autres, révoltés par l’intransigeance du gouvernement, sont venus individuellement, parfois avec leurs chasubles syndicales.
Dans beaucoup d’entreprises, les discussions ont été nombreuses : malgré la campagne du gouvernement sur la « casse », bien des travailleurs sentaient que les vrais casseurs sont dans l’État qui démantèle les services publics, les lycées et les hôpitaux. Même des travailleurs attirés par le RN éprouvaient de la compréhension pour ceux qui manifestent contre la vie chère et pour l’avenir de leurs enfants.