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Les jeunes en lutte
Macron répond par la matraque
L’allocution d’Emmanuel Macron le lendemain de la manifestation du 17 octobre n’a apporté aucune réponse ni aux lycéens mobilisés ni à tous ceux qui ont manifesté contre la vie chère.

Depuis plusieurs semaines, le gouvernement utilise la violence et la répression pour essayer d’endiguer la mobilisation de la jeunesse. En fait, il craint sa propagation et qu’elle puisse inspirer d’autres couches de la population.
Dès les premiers jours, il a envoyé la police contre les lycéens. Cinq d’entre eux au moins sont mutilés. Des lycées ont été fermés immédiatement. Les arrêtés préfectoraux menaçaient d’amendes et de peines de prison en cas de rassemblement devant les lycées. Les coups, les interpellations et les gardes à vue visaient à intimider ces jeunes. Mais leur détermination s’est révélée plus forte.
Puis est venue l’heure des promesses mensongères. Le ministre de l’Éducation nationale a soudain sorti de son chapeau 3 000 enseignants ! Au même moment, face à la grogne des automobilistes, le Premier ministre a promis une baisse de 12 à 18 centimes des prix du gazole à la pompe. Or les promesses n’engagent que ceux qui y croient ! Très rapidement le voile est tombé. Les remplacements d’enseignants sont de la poudre aux yeux. L’administration a été jusqu’à demander à des professeurs de mathématiques d’assurer des cours de lettres et à des professeurs de français de faire de l’anglais… Quant aux prix à la pompe, les automobilistes attendent toujours la baisse !
En vue de la manifestation du 17 octobre, le ton a changé à nouveau. Le ministre de l’Intérieur a martelé que policiers et gendarmes auraient le droit d’utiliser toutes les « armes intermédiaires ». Et de brandir, menace explicite, la remise en circulation des grenades assourdissantes, dont l’une a été responsable de la main arrachée d’un jeune devant son lycée à Lens. Les ministres se sont relayés dans les médias pour expliquer que cette journée du 17 allait être ultraviolente afin de dissuader le maximum de manifestants. Macron est allé dans le même sens lors de son allocution du vendredi 16. Et après toute cette propagande, les gouvernants, accusés d’avoir prévu un nombre insuffisant de policiers sur le terrain pour empêcher les pillages, expliquent avoir sous-estimé la mobilisation !
Finalement, le 17 octobre, ce sont au moins 550 000 personnes qui se sont rassemblées dans toute la France, bien plus que lors des premières manifestations des gilets jaunes en 2018. Preuve que la colère actuelle est immense et que la mobilisation de la jeunesse ne s’est pas éteinte. Mais, en même temps, le gouvernement ne veut en aucun cas y répondre. Pour lui, il est hors de question de débourser le moindre centime supplémentaire pour l’éducation, comme il est hors de question de forcer les raffineurs à diminuer leurs marges pour faire baisser prix de l’essence, comme il est inenvisageable de taxer les capitalistes pour pouvoir répondre aux besoins de la population.
Alors le gouvernement, et Macron l’a confirmé lors de son allocution du dimanche 18 octobre, poursuit dans la voie de la répression et dans la tentative de faire peur. Le nombre total de gardes à vue frise les 10 000. Des couvre-feux sont instaurés, visant les seuls mineurs dans certains quartiers. Les durées des gardes à vue sont allongées. Il est demandé aux juges la plus grande fermeté contre les interpellés, quel que soit leur délit. Mercredi 21 au matin, les médias dénombraient au moins 180 emprisonnés, soit déjà condamnés à des peines fermes souvent pour pas grand-chose, soit en attente de jugement.
En durcissant la répression, le gouvernement espère mettre fin au mouvement. Mais l’effet a été inverse jusque-là car, qui sème la colère récolte la révolte !