Medef : la politique dont il ne veut pas 30/09/2026 2026 Journal /medias/journalnumero/images/2026/10/une_3035-c.jpg.445x577_q85_box-0%2C7%2C1265%2C1644_crop_detail.jpg 2026-09-30

Leur société

Medef : la politique dont il ne veut pas

Le président du Medef, Patrick Martin, est très inquiet. De la hausse des prix ? Des difficultés des travailleurs pour joindre les deux bouts ? Mais bien sûr que non. Il est inquiet du fait que les syndicats se politisent.

Jeudi 24 septembre, ce digne représentant des patrons a reproché à deux syndicats, la CFDT et la CGT, de se « politiser à outrance », à cause de ce que leurs dirigeants disent du RN. Au passage, c’était une façon pour lui de rendre la monnaie de sa pièce à Sophie Binet, secrétaire de la CGT, qui a reproché aux patrons de faire la courte échelle au RN. Derrière cette guéguerre des petites phrases, se cache une préoccupation importante et classique des patrons. Non seulement le fait que les travailleurs défendent leurs intérêts les gêne, mais qu’ils le fassent sur le terrain politique les gêne encore plus.

Ces capitalistes qui parlent sans cesse de « démocratie sociale », de « dialogue social » interdisent strictement aux travailleurs de faire de la politique au sein des entreprises. Un travailleur surpris avec un tract politique ou voulant organiser une réunion politique dans son entreprise peut être licencié pour cela.

Ce n’est pas la question du vote qui inquiète le Medef, tant les patrons savent que quel que soit le résultat des élections, ils continueront à dominer et à diriger toute la société. Ce ne sont pas non plus les discours des responsables syndicaux qui inquiètent le patronat. Mais ils ne veulent pas que les travailleurs parlent de politique, de ce qui serait bon pour eux, de ce qu’il faudrait changer et de qui devrait diriger dans la société.

Les patrons passent leur temps à faire du chantage pour obtenir des lois allant dans leur sens – sans beaucoup de difficultés d’ailleurs – mais ne veulent pas que les travailleurs se demandent comment peser dans la société. Car le risque est qu’ils se rendent compte qu’ils en ont largement les moyens et pas avec un bout de papier.

Les luttes des travailleurs pourraient imposer des mesures allant dans le sens de l’intérêt général, des mesures qui rognent sur les profits astronomiques des riches capitalistes pour satisfaire les besoins en salaires, en logement, en services publics. Ce serait la seule politique valable pour les travailleurs, qu’ils devraient imposer en menant leur lutte de classe. En même temps les luttes pourraient faire reculer véritablement les idées d’extrême droite, les idées de division. C’est d’une telle politique que le Medef ne veut pas. C’est une raison suffisante pour la défendre !

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