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Leur société
Medef : retour du smic jeune ?
D’après les dossiers échangés entre dirigeants syndicaux et patronaux au cours d’une réunion tenue le 28 janvier, le Medef voudrait remettre à l’ordre du jour un sous-contrat de travail à destination des jeunes.

À l’entendre, le chef du Medef, Patrick Martin, serait très préoccupé par le chômage des jeunes – un jeune actif sur cinq – et le million et demi de 15-29 ans n’étant ni en emploi, ni en étude, ni en formation. Qu’a donc le patron des patrons à proposer à ces jeunes, mis sur le carreau par les économies dans l’éducation, qu’il approuve, et par les suppressions d’emploi causées par la soif de profit de ses congénères ? Prenant en exemple l’Italie, il appelle à la mise en place d’un contrat de travail pouvant être rompu au cours des trois premières années, sans que le patron ait à fournir une quelconque explication, et avec des indemnités inférieures à la réglementation actuelle. Il suggère aussi un allongement de la période d’essai pour les jeunes qu’il considère comme « peu ou pas qualifiés », pendant laquelle le salarié pourrait être licencié n’importe quand. Il ajouterait volontiers la suppression de l’obligation – déjà largement illusoire – de justifier le recours à l’intérim ou au CDD, ainsi que celle du délai de carence entre deux contrats et du plafond de 18 mois. Le projet patronal inclut également la possibilité de rémunérer certains jeunes en dessous du smic « sur une durée limitée » : 1 440 euros par mois pour vivre, pour les patrons, c’est encore trop !
Dans les faits, les jeunes sont déjà souvent obligés d’enchaîner CDD et missions d’intérim, parfois pendant des années, avant de pouvoir espérer une embauche en CDI. Mais le Medef veut aller encore plus loin, en institutionnalisant la précarité des jeunes, et certainement, après eux, de tous les salariés.
Le gouvernement a pris ses distances avec ce projet. Déjà fortement discrédité dans l’opinion populaire, il hésite sans doute à lancer une nouvelle offensive contre la jeunesse. Le patronat, lui, ne se gêne pas pour affirmer ses desiderata : faciliter les licenciements, le recours aux emplois précaires et baisser les salaires !