Méditerranée : naufrage et décompte macabre08/04/20262026Journal/medias/journalnumero/images/2026/04/une_3010-c.jpg.445x577_q85_box-0%2C7%2C1262%2C1644_crop_detail.jpg

Leur société

Méditerranée : naufrage et décompte macabre

Dimanche 5 avril, une nouvelle embarcation a fait naufrage, au large des côtes libyennes. Sur 105 migrants à bord, seuls 32 ont pu être secourus par des navires marchands et débarqués sur l’île de Lampedusa.

Le rythme des morts en Méditerranée ne cesse de s’accélérer. Selon l’Organisation internationale pour les Migrations (OIM), plus de 500 migrants auraient perdu la vie en seulement 40 jours, du 1er janvier au 10 février 2026. Ces chiffres sont les plus importants depuis dix ans, et ils donnent la mesure du drame : depuis 2014, l’OIM a recensé 6 546 morts dans l’Atlantique – la route des îles Canaries – et 34 266 en Méditerranée. Et encore, l’organisation ne compte que les morts officiellement renseignés. Les estimations des associations d’aide aux migrants sont bien plus élevées.

La Méditerranée est devenue un tombeau pour les opprimés qui tentent d’échapper aux guerres et à la misère. Ils se heurtent aux frontières érigées autour de l’Union européenne à l’aide de barbelés, de murs, de surveillance, de gardes-frontières qui n’hésitent pas à repousser les embarcations, voire à les faire couler, tandis que les navires humanitaires sont criminalisés et empêchés de venir en aide aux migrants. Dans les pays de départ, notamment en Libye et en Tunisie, la répression se renforce contre les exilés venus d’Afrique subsaharienne, sous l’œil complice de l’UE, bien contente de cette sous-traitance.

Tandis que les pays riches laissent mourir devant leur porte ceux qui aspirent à une vie meilleure, ils sont en même temps capables de déployer des moyens humains et matériels considérables pour mener leurs guerres au Moyen-Orient. Révoltant.

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