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Dans le monde
Où mène la politique des États-Unis ?
Au-delà des déclarations de Trump, aussi extravagantes que contradictoires, il est clair que les États-Unis ont adopté une politique systématique de mise au pas des régimes qui leur tiennent tête, comme ceux du Venezuela, de l’Iran ou de Cuba.

Mais jusqu’où le conflit actuel en Iran ira-t-il et quelles en seront les conséquences, aucun dirigeant de la planète ne le sait, pas même Trump.
Trump a déclaré au début des bombardements de l’Iran : « Ça va marcher comme au Venezuela », puis il s’est attribué une note de « 15 sur 10 » pour la guerre qu’il venait de déclencher. Il est vrai que plusieurs têtes du régime iranien sont rapidement tombées, dont celle du guide suprême, Ali Khamenei. Mais le régime est toujours là car, comme le note une ancienne responsable des services secrets israéliens, « L’Iran a peut-être été surpris […] mais ils étaient prêts pour la guerre. D’abord pour assurer la continuité du système en ayant prévu des remplacements de leurs dirigeants. »
Après avoir prétendu vouloir renverser le régime iranien, Trump a déclaré vendredi 6 mars : « Les leaders religieux ne me dérangent pas », avouant même, à propos d’éventuels dirigeants issus du régime qui auraient été plus à la botte des États-Unis, que « la plupart des gens qu’on avait en tête sont morts » ! Après avoir dit qu’il n’écartait pas l’option d’une intervention militaire terrestre, il a expliqué qu’elle serait une « perte de temps ». Cette formulation exprime la crainte, répandue parmi les électeurs de Trump, d’un bourbier militaire dans lequel l’armée américaine risquerait de s’enfoncer comme après l’invasion de l’Irak en 2003. Trump a même déclaré qu’il considérait que cette guerre était désormais quasiment « finie »… tout en intensifiant au même moment les bombardements sur l’Iran.
La réalité est que, en déclenchant cette guerre, les dirigeants de l’impérialisme ont ouvert une boîte de Pandore dont ils ignorent eux- mêmes ce qui en sortira. Cette intervention a d’ores et déjà allumé et attisé des foyers de guerre dans toute la région. Pour l’instant, c’est surtout du côté de l’armée israélienne et du Liban que la violence est montée d’un cran. Dans la Syrie voisine, les forces militaires du nouvel homme fort de ce pays, l’ex-djihadiste al-Charaa, se sont mises en position face à d’éventuelles infiltrations de milices du Hezbollah libanais pro-iranien.
Les monarchies pétrolières du golfe Persique, elles, sont visées par des missiles et des drones envoyés par l’Iran, même si les dispositifs d’interception fournis par les États-Unis leur permettent d’en limiter considérablement les dégâts. Il n’empêche que l’ensemble du Moyen- Orient est déstabilisé. L’Irak, la Jordanie et même l’Azerbaïdjan sont touchés.
En revanche, si la Russie fournit des renseignements militaires à son allié iranien, l’attitude de la Chine est à la prudence et les États-Unis, pour l’instant, semblent vouloir éviter une escalade de ce côté. Pour contrer l’explosion des prix du pétrole, le département du Trésor américain a même autorisé l’Inde à acheter du pétrole russe jusqu’au 4 avril. De son côté, lors d’une conférence de presse tenue dimanche 8 mars, le ministre des Affaires étrangères chinois, s’il a dénoncé la guerre contre l’Iran, s’est bien gardé de citer les États-Unis comme responsables. Il a même déclaré que Trump et Xi Jiping avaient « montré l’exemple » ces derniers mois pour remettre « la relation [Chine-États-Unis] sur le bon cap après des hauts et des bas ».
Il reste que la guerre déclenchée au Moyen-Orient par les États-Unis vise bien à affirmer ou réaffirmer leur hégémonie mondiale, y compris et peut-être principalement face à la Chine.