Nathalie Arthaud : “renverser le capitalisme et non le gérer” 30/09/2026 2026 Journal /medias/journalarticle/images/2026/09/P6-7_4_C_Serge_dIgnazio_DSCF0720.jpg.420x236_q85_box-50%2C0%2C750%2C394_crop_detail.jpg 2026-09-30

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Nathalie Arthaud : “renverser le capitalisme et non le gérer”

Illustration - “renverser le capitalisme et non le gérer”

Je suis candidate pour faire entendre les intérêts des travailleuses et des travailleurs et affirmer qu’ils représentent une force dans la société, une force irrésistible quand ils décident de se battre. Je suis candidate pour dire que le camp des travailleurs n’a pas besoin de promesses électorales, il a besoin de se mettre en ordre de bataille !

Beaucoup se posent déjà la question du vote utile. Alors, je rappelle qu’il n’y a jamais rien eu de plus utile et de plus efficace que les luttes collectives, les grèves, les manifestations de masse pour faire reculer l’exploitation. Contre les journées de travail de 14 heures, le travail des enfants et l’arbitraire patronal, il n’y a rien eu de plus utile que l’organisation des travailleurs en mutuelles, en syndicats et en partis politiques. Contre la barbarie de la colonisation, de l’impérialisme et des guerres, il n’y a rien eu de plus décisif que la révolte des peuples prêts à disputer le pouvoir à leurs oppresseurs et à leur État.

Le véritable pouvoir n’est pas à l’Élysée

Notre vie ne dépend pas du cirque électoral. Elle ne dépend pas de la lutte des places qui se joue entre la gauche, la droite et l’extrême droite. Elle dépend de la lutte de classe, des combats que le monde du travail mènera non seulement pour se défendre, mais pour mettre la classe capitaliste hors d’état de nuire […]. Les vrais maîtres de la société sont ceux qui tiennent les cordons de la bourse. C’est la classe capitaliste, cette minorité de grands bourgeois qui concentre entre ses mains des milliards de capitaux […].

Le président de la République a le pouvoir de nous imposer, à nous travailleuses et travailleurs, toujours plus d’obligations, de contraintes et de privations… Mais c’est le pouvoir d’un majordome qui peut en faire baver aux serviteurs de la maisonnée, aux femmes de ménage, aux valets de chambre, aux cuisiniers, au chauffeur de Madame… C’est le pouvoir que lui délègue son maître pour gérer ses affaires. Voilà celui que nous sommes censés élire demain : un majordome du grand capital, un grand serviteur certes, mais un serviteur quand même ! […]

La bourgeoisie au pouvoir, c’est l’irresponsabilité au pouvoir

Le pouvoir de la bourgeoisie, c’est la lutte de classe menée contre les travailleurs de toute la planète. Et c’est un pouvoir destructeur et criminel. Les extraordinaires richesses, les capacités productives inédites, les innovations et le progrès côtoient le dénuement absolu, les femmes, les hommes, les enfants à la rue, les millions de jeunes qui n’apprendront jamais à lire et écrire […].

Depuis 1945 il n’y a pas eu une année sans guerre. Au Soudan, en Somalie, au Rwanda, en RDC plusieurs générations n’ont connu que la guerre, les morts au quotidien, les déplacements, les camps… La guerre que mène Israël contre les Palestiniens est une guerre de cent ans. En Ukraine, la guerre a démarré avec les affrontements dans le Donbass en 2014, il y a déjà douze ans. Et nous sommes loin d’en voir la fin […].

Pour l’instant, la Chine essaye de se tenir éloignée de tous ces théâtres de guerre. Ni elle ni les États-Unis ne semblent prêts à s’affronter dans ce qui finirait de transformer l’état actuel de guerre larvée en une troisième guerre mondiale. Mais jusqu’à quand ?

Pour l’heure, ici en France, nous échappons encore aux affrontements. Mais l’idée de la guerre s’installe. Macron le dit sur tous les tons : « La Russie nous mène déjà la guerre. » Ce serait une guerre hybride, une guerre d’ingérence, de manipulation de l’opinion et de cyberattaques… mais il nous met dans la tête que nous sommes en guerre avec la Russie de Poutine. Et la plupart des dirigeants politiques et quasiment tous les journalistes renchérissent en répétant à l’envi que l’agresseur est Poutine, et qu’il est normal de livrer de plus en plus d’armes à l’Ukraine pour l’aider à se défendre.

Mais si la France intervient de plus en plus dans cette guerre, si l’armée déploie des avions de combat dans le ciel des pays baltes, si elle livre des missiles et des canons, ce n’est pas « pour aider l’Ukraine ». C’est pour aider Dassault, Thales, Safran et MBDA à promouvoir leur arsenal et à remplir leur carnet de commandes. C’est pour permettre au Crédit agricole et à la BNP de faire main basse sur des secteurs économiques ukrainiens, à commencer par l’agriculture. C’est pour garantir que Bouygues ou Vinci auront leur part dans les futurs chantiers de reconstruction. Pour ces grands groupes français, la guerre en Ukraine est aussi un marché et une immense opportunité.

L’Ukraine est une proie, pas seulement pour Poutine, mais aussi pour les impérialistes occidentaux et c’est pour cela qu’elle a été plongée dans cet enfer d’une guerre fratricide […] !

À toutes ces guerres perpétrées pour les intérêts des capitalistes, il faut opposer l’appel de Karl Marx et de l’Internationale : travailleurs de tous les pays, unissons-nous ! Et refusons d’être la chair à canon pour les profits des capitalistes !

Exprimer et conforter la conscience de classe

Dans cette campagne nous affirmerons que tout est lié, la lutte pour notre pouvoir d’achat, nos retraites, nos salaires, la lutte contre la montée de l’extrême droite, la crise climatique et les guerres. Et nous dirons que seuls les femmes et les hommes du camp des travailleurs peuvent réellement la mener […]. Nous partirons des besoins et des intérêts des travailleurs, nous exprimerons et conforterons la conscience de classe. Nous tracerons une politique. Pas une politique pour la France, qui est en fait toujours une politique pour le grand patronat, une politique pour les travailleurs, pour les exploités, pour les opprimés quelles que soient bien sûr leur origine et leur couleur de peau […].

Nous avons toutes les raisons d’avoir confiance dans l’avenir et dans notre classe ! Car les travailleurs ne resteront pas éternellement à subir, à encaisser les coups, à se laisser diviser. Ils retrouveront le chemin des luttes. Et, ce jour-là, toutes les idées que nous aurons semées, toutes les discussions que nous aurons eues, tous les liens que nous aurons tissés prendront une tout autre force. Alors pour ceux qui ne l’ont pas encore fait, rejoignez-nous dans cette campagne ! Venez avec votre révolte, votre énergie et votre envie de changer le monde !

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