Naufrage dans la Manche : les grands absents du procès 09/09/2026 2026 Journal /medias/journalnumero/images/2026/09/une_3032-c.jpg.445x577_q85_box-0%2C7%2C1265%2C1644_crop_detail.jpg 2026-09-09

Leur société

Naufrage dans la Manche : les grands absents du procès

Quatorze personnes sont jugées à partir du 8 septembre par le tribunal correctionnel de Paris pour homicides involontaires et aide au séjour irrégulier en bande organisée.

Il leur est reproché d’avoir organisé une traversée vers la Grande- Bretagne en novembre 2021. Mais tous les fautifs sont loin d’être pésents. L’embarcation avait fait naufrage, ce qui aurait causé la mort de 31 personnes. Seuls deux hommes, un Somalien et un Irakien, ont survécu à la catastrophe dans laquelle les victimes, âgées de 7 à 46 ans, étaient majoritairement kurdes irakiennes, mais aussi afghanes, éthiopiennes, égyptiennes.

« Il y a de grands absents dans ce procès », a déclaré Me Emmanuel Daoud, l’avocat d’une des parties civiles. L’un des deux survivants Mohammed Shekha Ahmad, un Irakien, a en effet raconté les appels désespérés passés aux garde-côtes français et anglais. « Nous avons dit aux garde-côtes français que le moteur avait cessé de fonctionner et nous leur avons envoyé notre localisation [...] Ils nous ont répondu qu’ils ne pouvaient pas nous aider car nous étions dans les eaux britanniques et qu’on devait joindre la Grande-Bretagne. On a alors appelé les Anglais, mais ils nous ont dit de contacter les Français. »

Les cinq militaires français, appartenant au Centre régional de surveillance et sauvetage (Cross), et deux marins d’un patrouilleur sont inculpés depuis 2023 pour non-assistance aux naufragés. Cette procédure est disjointe du procès qui a commencé le 8 septembre. Qu’elle fasse l’objet d’un autre procès, est « espéré et fermement attendu par l’ensemble des victimes », selon Me Matthieu Chirez, un autre représentant des 113 parties civiles, tel ce père d’origine kurde qui a perdu sa mère, ses deux sœurs et son fils dans ce naufrage du 24 novembre 2021.

Mais ce drame est aussi, et surtout, la conséquence de la politique de fermeture des frontières, décidée et organisée en toute connaissance de cause, par les dirigeants européens, qui, eux, ne seront pas sur le banc des accusés.

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