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Dans le monde
Négociations sous la menace
Le 17 février, Steve Witkoff, l’envoyé spécial des États-Unis, et Jared Kushner, gendre de Trump, ainsi que le ministre des Affaires étrangères iranien, Abbas Araqchi, ont participé à Genève, sous médiation du sultanat d’Oman, à de nouvelles discussions portant officiellement sur le programme nucléaire iranien.
S’il y a discussion, c’est sous la menace d’une intervention militaire américaine. L’absence d’un accord aurait « des conséquences très traumatisantes » pour l’Iran, a déclaré Trump à plusieurs reprises. Les États-Unis, qui conjointement avec Israël ont bombardé les installations nucléaires iraniennes en juin dernier, ont déployé d’énormes moyens militaires dans le Golfe. Un second porte- avions est arrivé dans le détroit d’Ormuz et 18 nouveaux avions F-35 y ont également été envoyés. Au total, près d’un tiers de l’armada des États-Unis serait présente dans cette zone. À cette démonstration de force, l’ayatollah Ali Khamenei a répondu en fermant partiellement, pour des « exercices militaires », ce détroit qui dessert les plus grands producteurs de pétrole du Golfe.
Si chacun montre ses muscles comme il se doit dans ces circonstances, les États-Unis en ont davantage les moyens que l’Iran, et de très loin. Trump peut donc espérer que le pouvoir iranien se pliera à ses volontés. Malgré les déclarations guerrières de l’ayatollah Khamenei, le message a sans doute été reçu. Le ministre Abbas Araqchi a annoncé, en arrivant à Genève, avoir « de vraies idées pour parvenir à un accord juste et équitable ». Ces « vraies idées » pourraient être des propositions pour permettre aux entreprises américaines de faire de bonnes affaires.
L’avenir dira si cela convaincra Trump et les compagnies américaines, qui au fond peuvent être satisfaits et rassurés que le régime se soit chargé au mois de janvier d’écraser la révolte de sa population. Quant à celle-ci, elle n’a rien à espérer d’un tel accord entre criminels.