Nvidia et l’IA : la folie d’un système 30/09/2026 2026 Journal /medias/journalarticle/images/2026/09/P9-2_Nvidia_speculation_OK_Lupo.jpg.420x236_q85_box-0%2C30%2C961%2C570_crop_detail.jpg 2026-09-30

Dans le monde

Nvidia et l’IA : la folie d’un système

Nvidia, le principal fabriquant de microprocesseurs et autres composants électroniques, dont la capitalisation boursière dépasse les 5 500 milliards de dollars, vient d’annoncer un programme de rachat de ses propres actions pour un montant de 235 milliards de dollars.

Illustration - la folie d’un système

Racheter ses propres actions pour les détruire permet à une entreprise de faire monter la valeur de celles qui restent pour les rendre plus attirantes sur le marché, tout en offrant un pactole à ses actionnaires. Ainsi, ceux de Nvidia vont empocher, sans rien faire, la moitié du budget de la France. Une telle opération est possible parce que Nvidia voit affluer vers sa trésorerie des milliards de dollars de commandes de puces électroniques destinées aux datacenters qui se construisent partout dans le monde pour alimenter l’IA en données numériques de toutes sortes. L’opération annoncée a pour but principal de rassurer les marchés financiers en leur montrant que Jensen Huang, le patron de Nvidia, a une totale confiance dans l’avenir.

Tout est fou dans ces chiffres et ces décisions prises par une poignée de milliardaires. La capitalisation boursière de Nvidia ne résulte pas de ses actifs, ses usines avec les machines à l’intérieur ou la valeur de ses stocks. Son chiffre d’affaires, même s’il ne cesse de grossir, est de l’ordre de 130 milliards de dollars, quarante fois moins que la valeur totale des actions Nvidia. Cette capitalisation délirante résulte de la spéculation, c’est-à-dire des espoirs de profits que le secteur de l’IA représente pour les financiers du monde entier. Les capitaux qui se dirigent vers ce secteur forment une immense bulle spéculative qui pourrait éclater à n’importe quel moment.

Les entreprises liées à l’IA, Nvidia, Google, Microsoft, Amazon, OpenAI et quelques autres, aspirent littéralement les capitaux venus du monde entier. Ces capitaux manquent ailleurs. Ils manquent évidemment pour construire les infrastructures utiles à la population, pour développer l’agriculture ou le transport dans des pays pauvres, pour construire et faire fonctionner des hôpitaux, des écoles. Ils manquent pour d’autres secteurs de l’économie, profitables mais moins lucratifs que la spéculation sur l’IA. Mais ils manquent aussi pour financer la dette des États. Comme l’indiquait fin août le journal Le Monde : « Les investissements colossaux dans l’intelligence artificielle alimentent une hausse des taux d’intérêt sur le marché de la dette. »

Ainsi les mesures d’austérité imposées à tous les peuples sous prétexte de réduire la dette ont pour cause directe l’enrichissement éhonté d’une poignée de spéculateurs devenus billionnaires, c’est-à-dire mille fois milliardaires.

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