Palestine : un peuple torturé25/03/20262026Journal/medias/journalnumero/images/2026/03/une_3008-c.jpg.445x577_q85_box-0%2C7%2C1265%2C1644_crop_detail.jpg

Dans le monde

Palestine : un peuple torturé

Le 20 mars, une nouvelle publication de Francesca Albanese, la rapporteuse spéciale de l’ONU pour les territoires occupés palestiniens, a dénoncé le recours du pouvoir israélien à un « usage systématique de la torture contre les Palestiniens ».

Intitulé « Torture et génocide », le rapport « examine l’usage systématique de la torture par Israël contre les Palestiniens des territoires palestiniens occupés, depuis le 7 octobre 2023 ». Taxée d’antisémitisme, comme tous ceux qui osent condamner la politique meurtrière de l’État israélien, accusée d’agir en fonction d’« un agenda obsessionnel et haineux visant à délégitimer l’État d’Israël », la rapporteuse a pris soin de préciser qu’elle « condamn[ait] sans équivoque la torture et autres formes de mauvais traitements commis par tous les acteurs, y compris les groupes armés palestiniens », mais que son rapport « se concentr[ait] sur la conduite d’Israël ».

Les faits sont accablants. À partir de 300 témoignages d’organisations diverses – la rapporteuse est évidemment interdite de séjour en Israël et dans les territoires occupés – Francesca Albanese détaille les « arrestations massives, de force, de personnes âgées, handicapées, de femmes enceintes, d’enfants, partout, en Israël comme dans l’ensemble des territoires palestiniens occupés ».

Plus de 18 500 Palestiniens, dont au moins 1 500 enfants, ont été arrêtés, rapporte-t-elle. En février, 9 245 étaient encore détenus un peu partout, dont 1 330 condamnés, 3 308 en détention provisoire et 3 358 en détention arbitraire, sans jugement. Des milliers d’autres ont disparu, enlevés ou exécutés. Toutes les formes de violences sont « permises », tortures, coups, privation de nourriture, d’hygiène et de soins, les humiliations et les violences sexuelles figurant aussi au tableau d’horreur. Des médias israéliens ont d’ailleurs dénoncé, fin février, une sorte de visite-spectacle organisée pour des colons d’extrême droite dans la prison de Nitzan, dans le district-centre d’Israël, où les détenus étaient exposés dans des postures dégradantes, allongés au sol et menottés.

Dans le même temps, en Cisjordanie, les attaques des colons d’extrême droite se sont intensifiées les 21 et 22 mars, à la suite de la mort d’un jeune colon renversé par une voiture. Des bandes de centaines de militants annexionnistes, armés, ont mené des attaques en parallèle dans plusieurs villages, près de Naplouse, Jénine, Ramallah, Jérusalem et Bethléem. Embuscades, incendies, destructions d’habitations et de vergers. C’est ce que les porte-parole de l’armée, partie prenante dans ces attaques, qualifient de « troubles ».

Pourtant, malgré le soutien affiché par une majorité d’Israéliens à la fuite en avant guerrière de Netanyahou, la divulgation du rapport et des exactions systématiques des colons et de l’armée interroge visiblement dans l’opinion. Au point que des voix se sont élevées, dont celle d’une ex-ministre et d’anciens généraux qui ont publié, le 16 mars, une lettre ouverte fustigeant les « pogroms » anti-palestiniens et même ce « terrorisme juif », qui rappelle aux plus anciens les violences des organisations terroristes juives avant et pendant la création de l’État d’Israël, pour chasser la population palestinienne et faire taire les opposants.

C’est cette politique que soutient le gouvernement de Netanyahou, de même que son ministre des Finances, Smotrich, chargé des colonies, quand il affirme viser non seulement « l’effondrement » de l’Autorité palestinienne, mais l’annexion pure et simple de la Cisjordanie.

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