Les jeunes en lutte
Paris
D’imposantes forces de police empêchaient d’accéder à la place de la République et repoussaient les jeunes avec des gaz lacrymogènes.

La foule grossissant, la police a fini par ouvrir l’accès au boulevard Magenta : une masse compacte de manifestants s’est ébranlée le long d’un parcours autorisé vers la place Clichy. Ce cortège était enthousiaste, parsemé de pancartes en carton, avec quelques banderoles ici ou là. Il a laissé derrière lui la petite minorité qui a mis le feu à divers mobiliers ou forcé les rideaux de magasins. La foule s’écartait spontanément pour laisser passer les camions de pompiers.
Bien d’autres manifestants, peut-être aussi nombreux au total, n’ont pas pu accéder à la place de la République et ont manifesté en empruntant d’autres rues. Un grand cortège, comprenant un groupe de quelques dizaines de soignants de l’hôpital Saint-Antoine en blouse et de postiers, s’est dirigé vers la place de la Nation sans voir un seul policier, ni une seule dégradation. D’autres ont sillonné la rive droite, essayant de rejoindre la place Clichy, bloqués ici ou là par la police.
En interdisant la concentration des manifestants place de la République, les autorités ont certainement accru les risques de chaos, de violences et de désordres, dont les médias ont ensuite fait leurs choux gras. Elles croyaient aussi sans doute pouvoir décourager les manifestants et faire baisser la participation. Il n’en a rien été.