Permis de tuer : des manifestations réussies 23/09/2026 2026 Journal /medias/journalnumero/images/2026/09/une_3034-c.jpg.445x577_q85_box-0%2C0%2C1271%2C1649_crop_detail.jpg 2026-09-23

Leur société

Permis de tuer : des manifestations réussies

Des dizaines de milliers de personnes, dont beaucoup de jeunes, ont manifesté dimanche 20 septembre à Paris et dans de nombreuses villes contre la loi instaurant un « permis de tuer » pour les forces de police.

Cette loi prévoit que policiers et gendarmes soient d’office présumés en état de légitime défense lorsqu’ils font usage de leur arme, alors qu’aujourd’hui il leur revient d’en faire la preuve. Ce serait désormais aux victimes ou à leurs proches de démontrer que les tirs policiers étaient effectués dans l’intention de blesser ou de tuer, et non pour répondre à une menace. Il est déjà bien rare que des policiers soient condamnés, mais cette loi le rendra pratiquement impossible.

La possibilité légale de faire usage de leur arme n’a cessé de s’élargir pour les policiers. En 2017, une modification de la loi les avait déjà autorisés à ouvrir le feu sur une personne « susceptible » de représenter un danger, alors qu’auparavant il n’y avait aucune loi spécifique les concernant. Ils devaient comme tous les citoyens prouver qu’ils étaient attaqués. Le résultat ne s’est pas fait attendre : on a compté cinq fois plus de tirs qu’auparavant, en particulier sur des personnes prenant simplement la fuite à bord de leur véhicule. En 2025, la police a ainsi tué 49 personnes, dont 19 par des tirs d’arme à feu. Bien des manifestants du 20 septembre avaient en tête la mort de Nahel, tué à bout portant à Nanterre lors d’un contrôle routier en juin 2023, et voulaient faire qu’il ne puisse y en avoir des dizaines comme lui.

Cette loi « permis de tuer », soutenue par le gouvernement, la droite et le RN, a été adoptée le 7 juillet à l’Assemblée nationale et arrivera au Sénat en octobre. Il faut continuer à la combattre.

Partager