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Leur société
Petits colis : une taxe qui fait plouf
Appliquée depuis le 1er mars, la taxe de deux euros sur les petits colis provenant des pays extérieurs à l’Union européenne était censée protéger celle-ci, et la France en particulier, de la concurrence chinoise.
Pour l’instant, elle conduit surtout les plateformes chinoises à s’orienter vers les aéroports des pays frontaliers, avant d’acheminer leurs produits en France par camion.
Il en résulte une cinquantaine d’avions-cargos en moins chaque semaine à l’aéroport de Roissy et la mise en sommeil d’un aéroport à Vatry, dans la Marne, où de gros porteurs atterrissaient sur l’une des plus longues pistes d’Europe avec leur chargement de marchandises chinoises. La fermeture de cet aéroport entraînerait la suppression de 100 à 120 emplois directs et des coupes claires sur la plateforme logistique qui emploie 1 400 personnes. Ce serait le prix à payer pour la fanfaronnade de quatre ministres venus à Roissy en avril 2025 proclamer que « la France a pris la tête de cette coalition européenne. » Il s’agissait de devancer la mise en place de cette taxe à l’échelle de l’Union européenne prévue pour novembre. Entre-temps, un droit de douane européen de 3 euros par catégorie d’article devrait se cumuler avec la taxe française à partir du 1er juillet.
Toutes ces mesures font partie de la guerre que les capitalistes se livrent. Elles sont de la même eau que celle que mène Trump, même si l’État français a moins de moyens que son homologue américain. Ce protectionnisme, en tout cas, n’augure rien de bon, ni pour les travailleurs français ni pour les travailleurs chinois. Ici, il promet à coup sûr un renchérissement des prix, que ce soit du fait du coût supplémentaire du transport par camion depuis les aéroports de Belgique, des Pays-Bas, ou d’une taxe qui s’apparente à la TVA. Là- bas, c’est le risque de perdre son emploi au cas où les mesures de taxation finiraient par réduire les achats des consommateurs européens.