Police : bavure mortelle dans l’Oise 09/09/2026 2026 Journal /medias/journalnumero/images/2026/09/une_3032-c.jpg.445x577_q85_box-0%2C7%2C1265%2C1644_crop_detail.jpg 2026-09-09

Leur société

Police : bavure mortelle dans l’Oise

Le 6 septembre, 300 personnes se sont rassemblées devant la mairie de Margny-lès-Compiègne, dans l’Oise, à la mémoire de Paul Tancre.

Paul Tancre faisait partie de la communauté des gens du voyage. Il est mort dans la nuit du 21 au 22 août après avoir été pris en chasse, en voiture, par deux membres de la police municipale de la ville.

Il s’agit bien d’une bavure policière, et non d’un accident de la route, comme le sous-entend le fait que le policier a été mis en examen pour « homicide routier ». « On veut tout savoir sur sa mort, il y a trop de mensonges. Ils [les représentants de la police] nous ont pris pour des chiens, pour de la m... », a déclaré la sœur de Paul Tancre. Cette mort et l’absence de considération dont ont fait preuve les représentants de la police à l’égard de la famille, sont révoltantes. Les médias locaux ont surtout mis l’accent sur les dégradations commises quelques jours avant l’enterrement. Ceux qui ont brûlé des voitures, celles d’autres travailleurs, ou qui s’en sont pris à la poste, indispensable pour bien des gens dans les classes populaires, ont évidemment eu tort. Mais ces réactions s’expliquent par un sentiment de révolte face à ce qui est une injustice.

Même si toutes les circonstances autour de la mort de Paul Tancre ne sont pas établies en effet, c’est bien cette course poursuite qui l’a entraînée. Et combien de fois des jeunes des quartiers et cités populaires sont arrêtés sous le soupçon d’avoir commis un délit et ayant « refusé d’obtempérer ». Combien de fois sont-ils sont pris en chasse de cette façon, au risque de provoquer leur mort ou celle de passants ?

L’affaire révèle tout le mépris des autorités, à quelque niveau que ce soit, à l’égard des gens du voyage et, plus généralement, des classes populaires. Dans cette société, la vie de ceux issus des milieux pauvres ne vaut pas cher, notamment aux yeux de la police, gardienne d’un ordre social profondément inégalitaire. On ne peut pas l’accepter.

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