- Accueil
- Lutte ouvrière n°3008
- La Poste – Lyon : la goutte d’eau qui fait déborder le vase
Dans les entreprises
La Poste – Lyon : la goutte d’eau qui fait déborder le vase
À La Poste de Lyon-Bellecour, la période de distribution des plis électoraux a révélé, plus encore que d’habitude, le manque d’effectifs et l’irresponsabilité de la direction.
400 postiers environ travaillent sur ce site, entre les facteurs, les préparateurs, les livreurs colis, les guichetiers. La direction cherche en permanence des moyens de faire faire plus avec moins, multipliant les réorganisations et les « tournées sécables » pour répartir entre les présents des bouts de tournée de collègues absents, sans embaucher. Et tout cela pour des salaires au smic.
Pour la distribution des plis électoraux, La Poste a empoché environ 50 millions d’euros à l’échelle nationale. Mais, pour assurer cette tâche, elle n’a prévu qu’une chose : le moins de moyens possible. Déjà avant le premier tour, une partie du courrier habituel n’avait pas été distribué, faute d’effectifs suffisants pour l’assurer en même temps que les tournées électorales. La Poste faisait le calcul qu’il suffirait de faire suer davantage les travailleurs. La semaine précédant le second tour, les facteurs se sont vu imposer des semaines de six jours et des retours sur repos du jeudi 19 au samedi 21 mars. Jeudi 19 mars, lors de l’arrivée des plis du second tour, les renforts en intérim n’étaient pas arrivés assez en avance pour être formés.
Ce jour-là, les facteurs ont fini par exprimer leur ras-le-bol en débrayant. Cela a été très suivi, avec plusieurs équipes s’arrêtant de travailler au complet ou presque. Beaucoup ont savouré la mine du directeur adjoint face à ce rassemblement inattendu ! Pour faire reprendre le travail, la direction a très vite promis une prime de 200 euros, une somme bien dérisoire par rapport à ce que touche l’entreprise pour les élections.
La Poste a ainsi cherché à calmer le jeu, mais elle est déterminée à poursuivre sa politique. Face à cela, les travailleurs en débrayant ont montré leur force. Les raisons d’être en colère continueront de s’accumuler. Alors, pour des embauches massives et les augmentations nécessaires, les postiers des différents secteurs devront de plus en plus resserrer leurs liens.