Prix des carburants : le gouvernement brasse de l’air25/03/20262026Journal/medias/journalarticle/images/2026/03/P5-1_Gouvernement_contre_linflation_ok_Lupo.jpg.420x236_q85_box-0%2C101%2C800%2C551_crop_detail.jpg

Leur société

Prix des carburants : le gouvernement brasse de l’air

Face à la flambée des prix des carburants, le gouvernement a annoncé quelques mesures symboliques qui ne devraient guère alléger la facture à la pompe.

Illustration - le gouvernement brasse de l’air

Une lettre a ainsi été envoyée aux raffineurs, leur demandant d’évaluer « dans les meilleurs délais » leur capacité à augmenter leur production en France. Selon le gouvernement, cela devrait faire baisser les prix. En effet, la France n’importe du Moyen-Orient que 12 % de son pétrole brut, mais 33 % de son gazole. Cela explique d’ailleurs que le prix de celui-ci ait augmenté plus fortement que celui de l’essence. Mais l’impact réel d’une hausse de la production de produits raffinés en France reste largement incertain, et surtout hors de portée d’un courrier ministériel. Sur X, Sébastien Lecornu s’est félicité du fait que la raffinerie de Gravenchon, près du Havre, aurait répondu positivement à sa demande ; mais celle-ci ne peut augmenter ses capacités que de 10 %. Quant à Total, il a répondu que ses raffineries sont déjà au maximum de leurs capacités.

En parallèle, le gouvernement a annoncé des « mesures de soutien » pour les entreprises de pêche, de transport et les exploitants agricoles. Ces secteurs bénéficient déjà d’une fiscalité réduite sur le gazole, mais ils subissent néanmoins la hausse des prix : le gazole marin, par exemple, a augmenté de 60 % entre le 26 février et le 23 mars. Les mesures proposées consistent en fait à repousser l’échéance sans régler le problème, par des reports de cotisations sociales, un étalement des échéances fiscales ou des prêts garantis ou directs via BPI France. Sans surprise, les représentants de ces professions jugent ces mesures insuffisantes et réclament des aides directes, qu’ils pourraient finir par obtenir comme cela a été le cas dans le passé.

Pour les travailleurs contraints d’utiliser leur voiture au quotidien, et alors que chaque plein pèse un peu plus lourd dans des budgets déjà serrés, c’est pour l’instant silence radio de la part du pouvoir. Une solution saute pourtant aux yeux de tous ceux pour qui le respect de la propriété et des profits ne passe pas avant les intérêts de la collectivité : il suffirait de prendre sur les bénéfices accumulés depuis des années par les groupes pétroliers et les distributeurs pour faire baisser les prix. Une piste que le gouvernement se garde évidemment bien d’envisager.

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