Prix des médicaments : au bonheur des laboratoires28/01/20262026Journal/medias/journalnumero/images/2026/01/une_3000-c.jpg.445x577_q85_box-0%2C7%2C1265%2C1644_crop_detail.jpg

Leur société

Prix des médicaments : au bonheur des laboratoires

Une polémique entre Trump et Macron, lancée au forum de Davos à propos du prix des médicaments américains vendus en France, met en lumière la façon dont ces prix sont fixés.

En bon représentant des capitalistes américains de la pharmacie, Trump voudrait que les pays européens, et en particulier la France, achètent les médicaments importés des États-Unis à un prix plus élevé. Il affirme qu’une telle hausse en Europe permettrait, après négociation avec les laboratoires, de faire baisser leur prix de vente aux États-Unis. Il se pose en défenseur des intérêts de la population américaine, dont de larges fractions ne peuvent accéder à des traitements faute de revenus suffisants ou de bonnes assurances. Trump a d’abord affirmé que Macron s’était engagé à une telle hausse avant de menacer d’augmenter les droits de douane sur les produits français si celui-ci n’obtempérait pas.

De son côté, Macron se retranche derrière les décisions du Comité économique des produits de santé, l’organisme qui fixe les prix des médicaments remboursés par la Sécurité sociale après négociation avec les laboratoires pharmaceutiques. En réponse aux affirmations de Trump, l’Élysée a écrit sur Twitter : « Les prix des médicaments sont restés stables. Tous ceux qui sont entrés dans une pharmacie française le savent. » Mais tous ceux qui voient le montant de leur mutuelle augmenter tous les ans et qui doivent payer des franchises sur chaque boîte, savent surtout que ces prix sont de plus en plus élevés.

Le prix d’un même médicament est très variable d’un pays à l’autre, selon le système de protection sociale en vigueur et surtout selon les négociations entre les États et les laboratoires pharmaceutiques. Car, sur le fond, le prix d’un médicament ne résulte ni de son utilité thérapeutique, ni vraiment de son coût de production mais de la loi de l’offre et la demande et des négociations menées.

Des traitements contre des maladies orphelines ou des médicaments dits innovants, contre certains cancers ou contre la mucoviscidose par exemple, peuvent atteindre des dizaines de milliers d’euros la dose, voire davantage. En Europe, ces médicaments ne sont distribués dans tel ou tel pays qu’à la condition qu’ils soient remboursés par les systèmes locaux de Sécurité sociale. Faute d’accord, ou parce que les laboratoires jugent tel ou tel marché trop petit, des médicaments pourtant utiles ne sont pas distribués. Aux États-Unis, pays où le marché est vaste et qui ne dispose pas d’un système général de remboursement, les médicaments innovants sont disponibles mais à un prix inaccessible aux classes populaires.

Dans tous les cas, les grands gagnants sont les capitalistes de la pharmacie, qu’ils soient américains comme Pfizer ou Moderna, ou européens, comme Sanofi ou Novartis. En vingt ans, les Big Pharma – les onze plus grands laboratoires au monde – ont accumulé plus de 1 000 milliards d’euros de bénéfices.

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