Procès Dati : la main dans le sac Vuitton 30/09/2026 2026 Journal /medias/journalarticle/images/2026/09/P5-2_Rachida_Dati_innocente_ok_Lupo.jpg.jpg.420x236_q85_box-1%2C0%2C799%2C449_crop_detail.jpg 2026-09-30

Leur société

Procès Dati : la main dans le sac Vuitton

Quatre ans de prison, dont deux ferme, et cinq ans d’inéligibilité avec application immédiate ont été requis par le Parquet national financier contre Rachida Dati.

Illustration - la main dans le sac Vuitton

L’ancienne ministre de la Justice de Sarkozy, ex-ministre de la Culture de Macron et candidate de la droite à l’élection municipale à Paris en mars, était jugée devant le tribunal correctionnel de Paris pour « corruption passive » et « trafic d’influence passif » au service de Renault-Nissan. Si le tribunal suit ces réquisitions, elle devra abandonner son poste de maire du 7e arrondissement de Paris.

Entre 2010 et 2012, alors qu’elle était députée européenne, Rachida Dati a perçu 900 000 euros de Renault-Nissan, censés rémunérer 900 heures de travail dans le cadre d’un contrat d’avocate. N’ayant pas été très productive en documents écrits, elle est accusée d’avoir été payée en réalité pour défendre les intérêts de Renault-Nissan auprès des institutions européennes.

L’affaire fait suite à l’éviction de Carlos Ghosn, alors PDG de Renault-Nissan, victime de règlements de comptes internes. À l’époque, un audit sur ses dépenses avait révélé le contrat avec Dati. La plainte d’un actionnaire en 2019 a lancé l’enquête. Ghosn, lui-même accusé de malversations financières, se trouve actuellement au Liban après une évasion rocambolesque du Japon, où il avait été arrêté.

Dans ce procès, on entrevoit comment des parlementaires, pourtant rémunérés environ 100 000 euros par an, peuvent arrondir grassement leurs fins de mois en servant directement des grands groupes capitalistes.

Des milliers de sociétés et cabinets de juristes sont officiellement inscrits comme lobbyistes auprès des institutions européennes. Mais cette activité est interdite aux députés eux- mêmes.

Qu’un ministre mette son carnet d’adresses au service de Renault, CMA CGM ou une autre grande entreprise est tout à fait commun. De très nombreux responsables politiques se recyclent dans le privé, après avoir quitté leurs fonctions officielles. Mais certains n’ont pas la patience d’attendre, ce qui leur vaut, parfois, de passer en jugement, comme Dati. L’impatience et la cupidité sont mauvaises conseillères.

Partager