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Leur société
Procès Nestlé : plein droit à polluer
Le 23 mars s’est ouvert le procès de Nestlé Waters, accusé d’avoir abandonné des milliers de tonnes de déchets plastiques dans les Vosges, près de Vittel et de Contrexéville.
Dès le début du procès, à la demande des avocats du trust, le président du tribunal a annulé les analyses faites dans le cadre de l’enquête pour mesurer la pollution, en raison d’un vice de procédure.
Le bilan était évidemment accablant pour Nestlé, après plusieurs années d’enquête, en particulier sur des décharges autour de Contrexéville et de Vittel. Au total, plus de 300 000 mètres cubes de déchets ont pollué les sols et les ressources en eau. Le niveau des particules de microplastiques serait, selon les enquêteurs de l’Office français de la biodiversité, « 30 millions de fois supérieur » à celui de l’eau de la Seine.
Le trust, déjà mis à l’index pour le scandale de ses eaux minérales, conteste ces résultats, soutient que ces décharges étaient celles de la société des eaux de Vittel qui l’a précédé ; ses avocats, cités par Mediapart, ajoutent que l’utilisation de gants et de bouchons en plastique pour recueillir les prélèvements aurait faussé les taux de pollution et que dans cette enquête « la rigueur a été sacrifiée et aucune précaution n’a été prise ». Un cynisme déjà dénoncé en 2025 par la procureure chargée de l’enquête.
Mais rien n’arrête cette société mondialement connue pour ses scandales concernant, entre autres, l’eau minérale ou le lait en poudre pour bébés, et surtout pas les États et leurs gouvernements. En 2023, celui d’Élisabeth Borne avait assoupli la réglementation, ouvrant ainsi la possibilité d’utiliser certains microfiltres interdits jusqu’alors pour des eaux minérales. Un rapport de l’agence régionale de santé a même été modifié afin de lui permettre d’obtenir le renouvellement de son autorisation à exploiter la source Perrier.
Le procès va se poursuivre, mais avec un dossier amputé, contre une multinationale dont le pouvoir de nuisance sur l’eau, la nature et la santé s’appuie sur près de 90 milliards de chiffre d’affaires.