Protection de l’enfance : le contraire d’une priorité04/03/20262026Journal/medias/journalnumero/images/2026/03/une_3005-c.jpg.445x577_q85_box-0%2C7%2C1265%2C1644_crop_detail.jpg

Leur société

Protection de l’enfance : le contraire d’une priorité

Le projet de loi de la ministre de la Santé, Stéphanie Rist, sur la protection de l’enfance, promis pour le début de l’année 2026, n’a pas été mis à l’ordre du jour de l’Assemblée nationale et il n’est pas prévu qu’il le soit d’ici l’été.

Pourtant, de nombreux scandales ont révélé les mauvais traitements envers des enfants censés être protégés par l’État, dans des foyers délabrés et mal encadrés. Ils ont été dénoncés par d’anciens enfants placés, des professionnels ou à l’occasion d’une récente commission d’enquête parlementaire. Le gouvernement a été contraint de reconnaître la nécessité urgente d’une réforme des dispositifs.

Le projet de loi ne prévoyait pas de révolution, mais réaffirmait quelques priorités : privilégier l’aide aux familles, par l’intervention d’éducateurs, pour mieux prendre en charge les enfants. Dans les cas où les enfants devaient être retirés à leurs parents, le texte insistait sur la nécessité de faire appel à d’autres membres de la famille ou à de « petites unités familiales » plutôt qu’à un placement en foyer. Mais pour mieux aider les familles en difficulté, une loi ne suffit pas, il faut des éducateurs. Pour s’occuper d’une façon humaine des enfants placés, séparés de leur famille après y avoir vécu des situations très difficiles, il faut davantage de personnel formé et à l’écoute. Or c’est justement le personnel qui manque, tant les salaires et les conditions de travail sont difficiles. Au moins 30 000 postes de travailleurs sociaux seraient vacants. Certains départements suppriment des places d’accueil ou coupent dans les actions de prévention faute de moyens.

La Défenseure des droits, Claire Hédon, avait déclaré en mars 2025 à l’Assemblée nationale : « Il n’y a pas besoin d’une réforme législative, il faudrait que la loi soit appliquée. » Et que les moyens pour le faire soient suffisants, faudrait-il ajouter. Mais ce n’est visiblement pas une priorité. En revanche, parmi les douze textes au programme de l’Assemblée nationale, plusieurs concernent la sécurité et la programmation militaire. La protection de l’enfance devra attendre.

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