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Leur société
La protection des usagers attendra
Protéger les captages d’eau potable des pollutions est une nécessité urgente. Mais les intérêts de l’agro-industrie en décident autrement et un arrêté d’interdiction de certaines activités agricoles pourtant très limité, annoncé pour fin 2025, a été remis à plus tard.
La situation est alarmante, comme le relève le réseau Amorce qui fédère les collectivités locales, notamment celles engagées dans des plans d’écologie. Sur les 33 000 captages d’eau potable que compte le pays, un tiers est affecté par des pollutions. Depuis lors, ce nombre n’a quasiment pas changé car presque aucune résorption des pollutions ne s’est concrétisée. Pire, les sources de pollution se multiplient. Pour les trois quarts, elles sont liées aux pesticides utilisés dans l’agriculture et leurs résidus, pour un quart à des substances d’origine industrielle comme le chrome, l’arsenic, le brome ou des résidus de combustion.
Deux voies seraient envisageables pour éviter, d’ici dix ans, « d’exposer les populations à un risque sanitaire majeur », explique l’association : procéder à des interdictions ou taxer fortement les pollueurs. Mais aucun des deux moyens n’est mis en œuvre, car la loi du profit intervient. Que celui-ci soit agricole ou industriel, il va à l’encontre des intérêts essentiels de la population, considérant que la ressource en eau doit être mise à la disposition du capital privé.