RER Île-de-France : air chaud et argent frais 30/09/2026 2026 Journal /medias/journalnumero/images/2026/10/une_3035-c.jpg.445x577_q85_box-0%2C7%2C1265%2C1644_crop_detail.jpg 2026-09-30

Dans les entreprises

RER Île-de-France : air chaud et argent frais

Cet été, et jusqu’à fin septembre, des millions de voyageurs ont subi les fortes températures dans le RER, entassés dans des rames le plus souvent sans climatisation.

Ce fut en particulier le cas pour les lignes B et D, qui desservent les banlieues Nord et Sud, regroupant une grande partie des classes populaires de la région.

Des vidéos catastrophiques témoignaient de quais saturés, de voyageurs ayant dû abandonner les rames arrêtées dans des conditions de températures insupportables, en marchant le long des voies. Canicule après canicule, les cheminots et tous ceux qui travaillent près des voies ont dû aussi subir des températures pouvant aller jusqu’à 60 °C.

Comment en est-on arrivé là ? La région, l’État et la SNCF se sont savamment rejeté les responsabilités au fil du temps tout en sachant bien que les canicules se multiplient et sont plus intenses depuis des années.

Le RER B fonctionne avec un matériel qui date d’un demi-siècle : les noms des rames, MI79 et MI84 indiquent les dates. 130 rames de RER B sur les 154 seraient équipées d’un système de « ventilation mécanique forcée réfrigérée » … qui n’est pas une climatisation. Ce système refroidit de quelques degrés seulement l’air pris à l’extérieur… quand il fonctionne. Chaque jour, près d’un million de travailleurs ont pu constater que ce n’était que rarement le cas. Dès qu’il fait chaud, les malaises se multiplient, les retards et le stress aussi…

En 2018 seulement, un plan a été lancé par Île-de-France Mobilités pour remplacer ce matériel par des rames climatisées. Un appel d’offres a suivi pour savoir lequel des groupes capitalistes, Alstom et Bombardier notamment, allait pouvoir profiter de cette grosse commande publique. Deux ans après, Île-de-France Mobilités a lancé une commande de 2,5 milliards d’euros pour des rames qui s’appelleront MI20. Les industriels se sont longuement disputé le marché, quitte à faire traîner l’affaire. Ces MI20 sont finalement produites par Alstom-CAF, un consortium franco-espagnol. Les livraisons ont été reportées à plusieurs reprises, pour 2025, et finalement fin 2028 voire 2029.

Les classes populaires auront attendu un demi-siècle pour que leurs rames soient adaptées aux conditions climatiques actuelles. Faudra-t-il attendre ensuite le 22e siècle, pour le prochain changement ? Les milliards d’argent public engrangés par Alstom et autres capitalistes, eux, ne se sont pas fait attendre.

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