Restos du cœur : la misère déborde 07/10/2026 2026 Journal /medias/journalnumero/images/2026/10/une_3036-c.jpg.445x577_q85_box-0%2C0%2C1271%2C1649_crop_detail.jpg 2026-10-07

Leur société

Restos du cœur : la misère déborde

Le nombre de personnes faisant la queue aux portes des restaurants du cœur ne cesse d’augmenter, symbole de la grande pauvreté qui frappe de plus en plus la population. Les questionnaires remplis par celles et ceux qui y ont recours, dépouillés par cinq économistes, le prouvent chiffres à l’appui.

Entre 2018 et 2025 cinq millions et demi de personnes différentes ont eu besoin de l’aide alimentaire distribuée par les bénévoles de l’association, parfois sur une brève période mais pour certains beaucoup plus durablement. Entre ces deux dates, leur nombre a progressé de 37 % et, fait notable, le nombre de ceux qui se déclarent à la rue, mal logés ou menacés de perdre leur logement, a crû de 62 %. Les enfants de moins de dix ans, amenés par leurs parents, constituent à eux seuls un quart des personnes concernées. L’étude jette aussi une lumière crue sur les causes de cette misère. L’augmentation du chômage ou la hausse du prix des loyers dans une région suffisent à allonger les files d’attente des restaurants du cœur locaux.

Aujourd’hui, plus aucun travailleur n’a d’avenir assuré. La politique du grand patronat et du gouvernement se traduit pour beaucoup par une descente plus ou moins rapide dans la pauvreté, chacun s’adaptant comme il peut tant que cela est possible. Au bout du compte, la fraction la plus pauvre doit se tourner vers les Restaurants du cœur. Les mesures annoncées dans le prochain budget vont encore aggraver la situation.

À la création des Restaurants du cœur en 1985, Coluche faisait chanter « aujourd’hui, on n’a plus le droit d’avoir faim ou d’avoir froid ». Plus de quarante ans après, l’injustice s’est aggravée.

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