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Leur société
Retraites : le RN prépare l’après-promesse
Les dirigeants du RN entretiennent un savant flou sur leurs projets en matière de retraites. C’est qu’il leur faut à la fois gagner des voix parmi les travailleurs et rassurer le patronat sur leurs intentions réelles.

Il y a quelques mois, Bardella avait pris ses distances avec les promesses de Le Pen de revenir sur la réforme Macron. « Le système des retraites aujourd’hui n’est pas soutenable sur le plan économique », affirmait-il en mai, ajoutant que « l’âge de départ ne veut rien dire » et que seul devait compter le nombre d’années cotisées.
Depuis juillet, Le Pen a repris la main. Elle dit vouloir supprimer les 64 ans de la réforme Macron et permettre un départ à taux plein à 60 ans avec 40 annuités pour ceux qui ont commencé à travailler avant 20 ans. Mais pour ceux, très nombreux, qui ont commencé plus tard, l’âge et la durée de cotisation augmenteraient progressivement. Ainsi, avec 42 annuités, quelqu’un ayant commencé à 25 ans devrait travailler jusqu’à 67 ans.
De plus, Le Pen affirme que sa réforme « part du principe qu’on n’est pas assez à travailler en France ». Pour que son financement soit viable, il faudrait que le taux d’activité augmente, que les jeunes entrent plus tôt dans la vie active et que les seniors ne se retrouvent pas au chômage ou en invalidité. Mais ce n’est pas le président de la République qui décide de cela, ce sont les patrons ! Élue, Le Pen ne déciderait pas davantage que les gouvernements précédents quels salariés les entreprises embauchent, gardent ou licencient.
En fait, Le Pen avance déjà les justifications qui pourraient lui servir, si elle était élue, à expliquer qu’il n’y a plus assez d’argent dans les caisses et qu’il faut finalement travailler davantage. Cette valse-hésitation permet au RN de faire miroiter aujourd’hui la retraite à 60 ans à une partie des travailleurs, tout en donnant des gages au patronat.