Les jeunes en lutte
Rouen
Si la préfecture a annoncé 9 000 personnes à Rouen samedi, c’est que les manifestants étaient vraiment nombreux.
C’était une manifestation très peu encadrée ni organisée, un joyeux bazar, avec beaucoup de gens qui ne manifestent pas souvent ou même dont c’était la première manifestation : beaucoup de jeunes et pas forcément des étudiants et des lycéens.
Beaucoup sont venus par petits groupes ou en famille, chacun avec sa pancarte sur laquelle figuraient parfois des slogans sur leur travail, ou d’autres plus généraux. La pancarte faisant référence au massacre des Algériens à Paris le 17 octobre 1961 a eu du succès.
De grands morceaux du cortège étaient encore à la préfecture après 18 heures, après avoir fait le tour de la ville.
À peu près à la même heure, un rassemblement d’une centaine d’identitaires, la Marche des Normands (c’est-à-dire l’extrême droite des beaux quartiers), a finalement été autorisée. Une partie d’entre eux sont allés au contact de manifestants, volontairement et pour cogner. Mais, visiblement, ils n’ont pas trop fait le poids et l’affrontement n’a pas duré. En revanche, les forces de répression n’étaient pas là où des jeunes ont pris des coups. Et, apparemment, elles n’étaient pas non plus dans la rue piétonne où des magasins ont été pillés par des groupes de très jeunes, qui ne venaient pas des manifestations, et que beaucoup de manifestants n’ont même pas vus.