Roussel 2027 : parler aux travailleurs, mais de quoi ? 09/09/2026 2026 Journal /medias/journalnumero/images/2026/09/une_3032-c.jpg.445x577_q85_box-0%2C7%2C1265%2C1644_crop_detail.jpg 2026-09-09

Leur société

Roussel 2027 : parler aux travailleurs, mais de quoi ?

Dimanche 6 septembre, les militants du PCF se sont prononcés pour une candidature de leur parti à l’élection présidentielle en la personne de leur dirigeant national, Fabien Roussel.

La question posée aux militants, et que certains posent encore, est celle de l’utilité d’une candidature du PCF, quand la seule perspective est d’avoir un candidat « de gauche », Mélenchon évidemment, qui puisse être opposé à Le Pen au deuxième tour. À cela, Fabien Roussel et la majorité des militants répondent que le PCF ne va pas diviser la gauche mais, au contraire, augmenter son influence. Et de dire qu’il faut s’adresser aux travailleurs qui ne votent plus et à ceux qui se fourvoient en votant RN, sous-entendant assez justement que ce n’est pas ce que fait LFI.

Ce langage ne peut qu’aller droit au cœur des militants des villes ouvrières où le PCF était naguère influent voire majoritaire, mais où les habitants des cités populaires ne vont plus voter, quand ils ne votent pas à l’extrême droite. Il touchera aussi les militants ouvriers des usines de ces mêmes villes et régions qui entendent jour après jour certains de leurs collègues de travail évoluer vers le vote Le Pen et, de plus en plus, s’en faire les propagandistes. C’est, en effet, pour l’ensemble des militants ouvriers, une nécessité urgente que de travailler à reconquérir le terrain perdu devant la montée de l’indifférence et des idées réactionnaires, qui ne se bornent pas d’ailleurs aux sornettes lepenistes.

Mais le moins qu’on puisse dire est que la direction du PCF n’aide pas les militants dans cette direction. En effet, non seulement elle ne reconnaît pas sa responsabilité dans la situation actuelle, mais elle propose de recommencer la même politique, avec le même vocabulaire, les mêmes illusions et la même perspective purement électorale qui ont été bien incapables d’arrêter la démoralisation et la croissance du RN en terre ouvrière, quand ils ne les ont pas suscitées. Par exemple, Roussel et ses porte-parole disent d’avance que les voix nouvelles qu’ils comptent conquérir se reporteront automatiquement au deuxième tour pour faire barrage à Le Pen, donc poursuivre une politique de rabatteur électoral qui les a fait descendre marche après marche jusqu’à faire voter Chirac et Macron. De même, Roussel prétend parler aux « travailleurs » et mettre en avant leurs problèmes, mais tient à s’adresser aux « Français », comme s’il avait quelque chose à dire au citoyen français Bernard Arnault et rien à proposer à l’ouvrier immigré. Les discours, les écrits de la direction du PCF sont infectés par ce poison patriotique, qui revient à appeler les opprimés à se ranger derrière l’État et la classe dominante. Et tout cela tend à se réduire à cette question de plus en plus délicate et dérisoire : avec qui faut-il s’allier pour conserver quelques positions du PCF ?

Pourtant, après avoir dit le premier mot « reconquérir les travailleurs », les militants ouvriers du PCF pourraient s’interroger sur le deuxième, « avec quel programme ? » Dans la situation actuelle, plus que jamais, on ne peut s’adresser utilement aux travailleurs que sur la base des idées de la lutte de classe révolutionnaire.

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