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- Lutte ouvrière n°3038
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Les jeunes en lutte
Saint-Étienne : Farès, 17 ans, mutilé par une grenade
Le 17 octobre, Farès, un étudiant de 17 ans, a eu la main arrachée par une des nombreuses grenades de désencerclement lancées par la police à Saint-Étienne, devant le centre commercial de Centre Deux.
Au milieu d’un flot de gaz lacrymogènes, alors qu’il n’y avait aucune dégradation, les CRS et les gendarmes mobiles avaient bloqué les manifestants, déployant une grande brutalité pour les disperser. Immédiatement après avoir été touché, Farès a été pris en charge par des manifestants, qui lui ont fait un garrot et se sont réfugiés dans un restaurant tout proche pour le protéger, avant que les pompiers n’arrivent. C’est le cortège de manifestants qui a ensuite ouvert la voie au véhicule des secours, en les applaudissant.
Dans l’ambulance, Farès a embrassé la main d’un des secouristes, en leur disant « Merci pour votre travail. » Ce geste le caractérise : c’est un jeune tourné vers les autres qui s’occupe de petits dans un centre aéré et dont la famille ouvrière travaille dur pour offrir un avenir à ses enfants. Et il a perdu sa main parce qu’il manifestait pour revendiquer une vie meilleure. Il n’a rien du casseur que les autorités ont mis en avant pour discréditer les manifestants du 17 octobre. Il a été mutilé par la police, cela aurait pu arriver à n’importe quel manifestant.
La famille, malgré le choc terrible, a décidé de se battre. Elle a déposé une plainte, notamment contre le ministre de l’Intérieur Nuñez, qui la veille avait ré- autorisé l’utilisation des grenades de désencerclement. Après le drame de Lens où un autre jeune a perdu la main dans une manifestation lycéenne, sa responsabilité est immense. La famille veut se battre pour qu’aucune autre ne soit frappée par la même épreuve. Ce drame profondément révoltant est à l’image de toute cette société injuste.