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Leur société
Salaires : l’argent existe pour les augmenter
Un des principaux problèmes du monde du travail est celui du pouvoir d’achat. Le gouvernement, les candidats à l’élection présidentielle et les journalistes sont bien obligés de le reconnaître.

Mais tout est fait pour cacher au maximum de travailleurs les raisons de la faiblesse des salaires et encore plus les moyens d’y remédier. Depuis des années, le terme de coût du travail est rentré dans le langage courant. Alors que cette expression en elle-même est un mensonge. Le travail ne coûte pas, ni aux patrons, ni à la société. Au contraire même, ce sont les salariés, par leur travail qui créent toutes les richesses. Le travail rapporte, et même il rapporte énormément aux capitalistes. De l’intérimaire à temps partiel à l’ingénieur mieux payé, tous créent des richesses et permettent qu’elles circulent dans la société, qu’elle soient utilisées, ou que ceux qui les produisent soient éduqués, nourris, soignés. Ces richesses sont gigantesques, malgré la crise. Les centaines de milliards de profits et de dividendes que toutes les grandes entreprises encaissent chaque année le prouvent. Mais pour que la part qui revient aux actionnaires, aux familles capitalistes déjà richissimes augmente encore et toujours, il faut que celle qui revient aux salariés sous la forme de salaires diminue. Et c’est ce qui se passe depuis des décennies, aboutissant à l’appauvrissement des classes populaires. Chacun le ressent violemment dans sa vie. Bien des travailleurs chiffrent même précisément ce qui leur manque en parlant du besoin d‘une augmentation de 400 ou 500 euros par mois, comme on pouvait le lire dans le journal Les Echos du 1er septembre. Mais pour les capitalistes, il n’est pas question de céder sur les salaires, tant leur écrasement est la condition indispensable à leur propre enrichissement.
Alors les responsables politiques, aidés par les patrons de la grande distribution multiplient les interviews pour expliquer comment on pourrait faire semblant d’augmenter les salaires sans toucher aux profits.
Le Pen et une partie de la droite proposent de « rapprocher le brut du net ». Cela voudrait juste dire réduire les cotisations sociales, celles qui doivent servir à alimenter la Sécurité sociale, l’assurance chômage et les retraites. Autant dire que ce que les salariés gagneraient d’un côté, ils le perdraient de l’autre. Et les fortunes des capitalistes ne seraient pas écornées.
D’autres évoquent l’idée d’une augmentation de la TVA. Cet impôt est le plus injuste car chacun le paye quel que soit son revenu. La TVA permet à l’État de prélever environ 210 milliards par an dans les poches de la population, pendant que les impôts des entreprises ne rapportent que 81 milliards à ce même État, et que le total des bénéfices des plus grandes entreprises dépasse régulièrement la centaine de milliards.
Pour augmenter le pouvoir d’achat des classes populaires, il faut une augmentation massive des salaires, et pour cela contraindre les capitalistes à sortir l’argent de là où il est vraiment, c’est-à-dire de leurs coffres.