Santé : “C’est pour une urgence ? Rappelez dans six mois !”25/03/20262026Journal/medias/journalnumero/images/2026/03/une_3008-c.jpg.445x577_q85_box-0%2C7%2C1265%2C1644_crop_detail.jpg

Leur société

Santé : “C’est pour une urgence ? Rappelez dans six mois !”

Obtenir un rendez-vous avec un médecin devient de plus en plus difficile ; cette conclusion ressort d’une enquête faite par la Fédération hospitalière de France. Elle l’est avant tout par les malades qui doivent bien souvent s’y prendre plusieurs mois à l’avance pour être reçus.

En effet, il ne faut pas être pressé si l’on veut consulter un spécialiste. Cela demande en moyenne 4 mois et demi d’attente en dermatologie, 3 mois en cardiologie, à peu près la même durée en pédiatrie, 2 mois et 10 jours en ORL, etc. Même pour consulter son généraliste, l’attente, actuellement de 12 jours, a été multipliée par quatre depuis 2019. Il s’agit là bien évidemment d’une moyenne, l’Île- de-France et les grandes villes étant mieux loties que les communes rurales. Si l’on habite en Normandie, par exemple, il ne faut pas espérer voir un dermatologue avant 6 mois d’attente, et 5 mois en psychiatrie, dans les Hauts-de-France.

Dans ces conditions, où les offres de soins sont réduites, il ne faut pas s’étonner que les Urgences soient saturées dans les hôpitaux. Il reste alors à espérer que les services soient disponibles et qu’il y ait un nombre suffisant de médecins, vu les coupes claires en personnel et en lits imposées par le gouvernement. Il faut faire des économies, telle est sa devise, comme si soigner la santé de la population devait être une activité rentable !

Face à ces restrictions, les malades doivent se débrouiller comme ils le peuvent, faisant parfois plusieurs dizaines de kilomètres pour voir un médecin. Un tiers d’entre eux, leur cas ne présentant pas d’urgence, ont même renoncé à un acte de soin. Le manque de médecins a aussi pour conséquence que des officines privées sautent sur l’occasion pour s’implanter, du moins dans des villes ayant une population suffisamment importante pour leur permettre d’en tirer des bénéfices. Les consultations en ligne se développent aussi, même si elles ne peuvent pas toujours répondre à tous les problèmes, et, la plupart du temps, les malades doivent avancer l’argent avant de se faire rembourser par la Sécurité sociale ou leur mutuelle.

La recherche médicale fait chaque année des bonds prodigieux qui devraient permettre de guérir de plus en plus de malades et de prolonger leur vie. Mais encore faut-il qu’ils puissent recevoir les soins qu’ils sont en droit d’attendre.

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