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SNCF Normandie : la direction déraille
Mercredi 23 septembre, les conducteurs de TER de Normandie (Caen, Sotteville et Le Havre) ont arrêté le travail après le signalement par l’un d’entre eux d’une éclisse cassée sur la voie entre Caen et Rennes.
Pour la SNCF Réseau, il s’agissait d’un «non-incident». C’est pourtant le basculement d’une pièce de ce type, qui assure la bonne liaison entre deux rails successifs, qui était à l’origine de l’accident de Brétigny en 2013, où sept personnes avaient trouvé la mort et des dizaines avaient été blessées.
Les cheminots étaient déjà sous le choc du déraillement d’un TER, le 11 septembre à Cléon. Le conducteur et sa motrice s’étaient retrouvés dans les bois à côté des rails et 44 voyageurs avaient été blessés dont un gravement. En janvier, c’était cette fois un train de marchandises qui avait déraillé entre Cherbourg et Caen, sans faire de victimes mais en détruisant près de 500 mètres de voie.
Sur la région Normandie l’infrastructure a un âge moyen de 28 ans et 30 % des appareils de signalisation ont dépassé leur durée de vie prévue. Il n’y a plus qu’une dizaine de travailleurs pour assurer la surveillance et l’entretien des 1 545 km de voies. De plus en plus de travaux sont sous-traités et la multiplication d’entreprises différentes intervenant sur les chantiers augmente les risques.
Les cheminots dénoncent le manque d’entretien du réseau et le sous- effectif alors que l’entreprise annonce des bénéfices de 1,2 milliard d’euros pour le premier semestre 2026. Les travailleurs du secteur ont décidé de reprendre la circulation avec une vitesse réduite de 20 km/h pour protéger leur vie et celle des voyageurs.