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SNCF : offensive au TER
Le 26 février, le jour où la SNCF se vantait d’avoir fait 1,8 milliard de bénéfice en 2025, la direction TER de la région Auvergne-Rhône-Alpes annonçait une attaque brutale : le passage en équipement agent seul (EAS) de la ligne Mâcon–Valence.
D’ici à l’été, ces trains pourraient rouler avec le seul conducteur à bord, sans contrôleur.
L’EAS est largement rejeté par les travailleurs de la SNCF. Le conducteur est livré à lui-même et, s’il y a un incident, il doit trouver une solution tout seul, expliquer la situation aux passagers, etc. Beaucoup ont en tête l’accident survenu en 2019, quand un conducteur blessé avait dû parcourir plus d’un kilomètre à pied pour signaler un déraillement et éviter un suraccident.
À la gare de Lyon-Perrache, le passage à l’EAS entraînerait la suppression d’une trentaine de postes de contrôleur, environ un tiers de l’effectif. Une telle saignée prépare la suppression de cette résidence, la base où les contrôleurs prennent leur service. Elle regroupe des travailleurs assez combatifs, ayant l’habitude de se mobiliser : au-delà des économies, cela compte aussi pour la direction. Ailleurs, les réorganisations se multiplient : le dépôt de conducteurs de Lozanne, à l’ouest de Lyon, doit fermer, ce qui imposerait des prises de service à Perrache. Le dépôt de tram- train de L’Arbresle, dans l’ouest lyonnais, doit lui être partagé en deux, avec à la clé des journées plus longues et plus denses et parfois des services sur six jours. Enfin, au service de départ des TER de la gare de la Part-Dieu, une réorganisation est aussi annoncée.
À la gare de Grenoble, la direction est en train de supprimer les visites de rames au terminus, qui permettent de s’assurer que les trains sont vides avant de repartir. Cette mesure est dangereuse, non seulement pour les voyageurs qui pourraient rester enfermés dans les trains, mais aussi pour les cheminots. Ainsi au dépôt des Brotteaux près de Lyon-Part-Dieu, l’un d’entre eux a récemment été agresser par un voyageur resté dans une rame censée être vide.
On assiste donc à une offensive généralisée, au TER mais aussi au TGV, où la direction veut transférer aux contrôleurs et aux conducteurs l’essentiel du travail des agents de quai dont elle veut supprimer les postes. La SNCF se veut rassurante à propos de toutes ces suppressions de postes, assurant qu’ « il y aura des solutions pour tout le monde ». Mais, sur les 25 dernières années, à l’échelle de la France, plus de 40 000 postes ont été supprimés. C’est une politique criminelle, qui condamne des milliers de travailleurs au chômage pendant que ceux qui ont un emploi sont usés jusqu’à la corde.